Le «New York Times» publie une grille de mots croisés géante pour tenter de sauver le papier

MEDIAS Horizontalement. 9 lettres : « Riposte du New York Times contre le déclin des ventes de la presse papier »…

M.C.

— 

La grille de mots croisés géante du «New York Times».
La grille de mots croisés géante du «New York Times». — Stephen Hiltner/New York Times

Le monstre a surpris plus d’un lecteur du supplément dominical du New York Times. Le « Super Mega », une grille de mots croisés démesurée de 50 cases sur 50, s’étalait pour l’occasion sur tout une double page du journal. Un nirvana pour cruciverbistes, accompagné de 738 définitions pour ses quelque 2.500 cases d’heureux maux de tête, qui est aussi une expérimentation pour réimaginer les possibilités du « print », la version papier du journal menacée, à terme, d’extinction.

Cette inédite rubrique « puzzle mania » accueillait au total 33 casse-tête, dont le gargantuesque quadrillage. Un moyen de tirer parti de l’esthétique, du toucher particulier et d’une certaine dimension nostalgique de l’encre sur le papier alors que les lecteurs se tournent de plus en plus vers les éditions en ligne de leurs médias, explique Jake Silvertein, le rédacteur en chef du New York Times Magazine, au site The Verge.

Un seul homme derrière le « Super Mega »

« Le format broadsheet [de 305 x 559 mm dans le cas du New York Times] est intéressant, on peut faire beaucoup de choses sur ces grandes pages », estime le responsable. « Bien sûr, il existe des mots croisés numériques, et beaucoup de gens utilisent notre application de mots croisés. Mais certains de ces jeux sont intimement liés au format papier, en particulier les mots croisés du dimanche. »

La rubrique inaugurée dimanche contient aussi d’autres contenus bonus qui gravitent autour de ce centre d’intérêt, en particulier des entretiens avec de créateurs de grilles de mots croisés. Frank Longo, l’homme qui a écrit seul le « Super Mega », fait partie des interviewés.

Si la grille, dont la résolution pourrait prendre des semaines aux plus motivés, est accessible uniquement aux acheteurs et abonnés de la version papier, elle n’est pas complètement « déconnectée » pour autant. Remplir toutes les cases révélera aux accros du verbe une phrase mystère qui, envoyée au journal par courriel, fera gagner à cinq chanceux tirés au sort un abonnement d’un an au New York Times d’une valeur, hors promotions, de plus de 750 dollars (716 euros).