«Les médias sont perçus comme des intrus»

Recueilli par A. K.

— 

Jean-Marie Charon, sociologue, auteur des Journalistes et leur public, le grand malentendu (Ed. Vuibert).

«La critique des médias se fait de plus en plus violente dans les mouvements sociaux, On finit par dénier aux journalistes le droit de faire leur travail sur place. Pour les banlieues, la question majeure reste celle de l'extériorité : les médias sont perçus comme venant d'ailleurs, ne comprenant pas l'environnement, voire comme des intrus. Parmi les reporters agressés, certains se distinguaient par un travail exemplaire. Malheureusement, dans une phase de tension, certains éléments violents ne font pas le tri. Le Monde et les télés locales sont assimilées au pouvoir, aux institutions.

Après les émeutes de 2005, des médias ont fait des déclarations, lancé des initiatives... qui sont loin d'avoir perduré. On est désormais à une phase critique. Les médias doivent rapidement réagir, avec constance et de manière concrète, s'ils veulent retisser de la confiance avec les citoyens en général, et les banlieues en particulier.»