Les deux tiers des internautes subissent la censure de leurs gouvernements

WEB Selon un rapport de Freedom House, cette année, vingt-quatre gouvernements ont limité ou bloqué l’accès aux réseaux sociaux…

Fabien Randanne

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A Nimes, le 28 janvier 2012, un Anonymous dans le cortège d'une manifestation contre la censure sur Internet.
A Nimes, le 28 janvier 2012, un Anonymous dans le cortège d'une manifestation contre la censure sur Internet. — AVENTURIER PATRICK/SIPA

Deux internautes sur trois (67 %) vivent sous la censure de leur gouvernement. C’est ce que révèle un rapport de Freedom House qui a mené une étude dans 65 pays, représentant près de 90 % de la population mondiale connectée à Internet.

Cette année, 24 gouvernements ont bloqué ou limité l’accès aux réseaux sociaux sur leur territoire, soit neuf de plus que l’an passé. Trente-quatre pays ont accentué les restrictions, à l’image du Brésil, désormais considéré comme « partiellement libre ». La Turquie figure quant à elle dans la liste des pays « non libres », aux côtés, entre autres, de la Chine, de l’Iran, de la Russie, de l’Egypte ou de l’Arabie saoudite.

>> Lire aussi: La Turquie bloque l'accès aux réseaux sociaux et aux applis de messagerie

La France 9e du classement

La France, elle, est dans la liste des pays « libres » avec une note de 25, sur une échelle allant jusqu’au niveau 100 symbolisant la restriction totale des usages d’Internet. Elle trône à la 9e place du classement, entre le Royaume-Uni et la Géorgie. L’Estonie et l’Islande (note de 6) ont, selon Freedom House, les pays les plus « libres » pour un internaute, devant le Canada (16) et les Etats-Unis (18).

Le rapport souligne que dans plusieurs cas, les restrictions mises en place le sont pour des motivations sécuritaires. L’appli Telegram, prisée par les terroristes car elle permet d’échanger des messages cryptés, est ainsi évoquée. De même que WhatsApp, qui a été bloquée dans douze pays tels que le Bangladesh ou l’Ethiopie, où des mouvements de protestations étaient apparus, ou l’Ouganda à l’approche de l’éléction présidentielle.

Le rapport de Freedom House qui sera présenté prochainement au siège de Google à Washington insiste cependant sur les dérives de certaines décisions, allant à l’encontre des libertés des utilisateurs d’Internet. Les autorités de 38 pays ont ainsi procédé à des arrestations suite à des publications sur les réseaux sociaux. Et, selon l’étude, 27 % des internautes vivent dans des Etats où des individus ont été arrêtés pour des contenus publiés ou partagés sur Facebook.