Trump président: «We were so wrong»... La remise en question des médias américains

ETATS-UNIS Dans un éditorial publié ce mercredi matin, après la victoire de Donald Trump sur Hillary Clinton, le « New York Times » estime que les médias américains ont été déconnectés de la réalité…

C.W.

— 

Dans un éditorial, le «New York Times» s'est exprimé sur les médias américain, qui seraient déconnectés de la réalité.
Dans un éditorial, le «New York Times» s'est exprimé sur les médias américain, qui seraient déconnectés de la réalité. — INB/WENN.COM/SIPA

Un terrible constat d’échec. Alors qu’une majorité de médias américains soutenaient la candidature de la démocrate Hillary Clinton, et lui prédisait une victoire certaine, Donald Trump a finalement remporté la présidentielle américaine dans la nuit de mardi à mercredi. Depuis, médias et spécialistes entament une profonde remise en question quant à la pertinence de leur analyse et leur traitement de l’information.

>> A lire aussi: Trump président: Politiquement correct, vote «contrariant»... Pourquoi les sondages se sont plantés

« Qu’est-ce que tout le monde a raté ? »

« We were so wrong » (« Nous nous sommes tellement trompés »). Alors que les résultats définitifs n’étaient pas encore tombés dans la nuit de mardi à mercredi, les présentateurs de CNN reconnaissaient déjà leur erreur de jugement. « Qu’est-ce que tout le monde a raté ? », s’interrogeait notamment Anderson Cooper.

>> A lire aussi : Toutes les réactions et analyses après l'élection de Donald Trump

Et il est vrai que depuis des mois, Hillary Clinton ne cessait d’être annoncée grande gagnante de cette présidentielle américaine. Jusqu’au dernier moment, les sondages la portaient à la Maison Blanche, et peu envisageaient l’accession au pouvoir de son concurrent Donald Trump. « Au final, un large nombre d’électeurs voulaient quelque chose de nouveau. Et bien qu’ils l’aient crié, hurlé, la plupart des journalistes n’ont pas écouté. Ils ne l’ont pas saisi », a réagi Margaret Sullivan, éditorialiste médias au Washington Post, relayé par Le Monde. « Nous voulions croire que quelqu’un de si vulgaire, malveillant et intempérant ne pourrait jamais être élu, car l’Amérique était meilleure que ça », a-t-elle écrit.

« Quelque chose est sûrement rompu »

Un constat partagé par de nombreux médias outre-Atlantique. « Le raté de ce mardi soir était beaucoup plus qu’un échec dans le scrutin, c’était aussi l’échec de la compréhension de la colère bouillante d’une grande partie de l’électorat américain, qui se sent laissée de côté par une récupération sélective et trahie par des accords commerciaux qu’elle considère comme des menaces à ses emplois », a écrit Paul Krugman, éditorialiste pour le New York Times. « Si les médias ne parviennent pas à présenter un scénario politique basé sur la réalité, alors ils ont échoué dans l’accomplissement de leur fonction la plus fondamentale », a-t-il poursuivi.

Un constat d’échec nécessaire pour recadrer le tir ? Pour les électeurs américains, explique l’éditorialiste, « le gouvernement était cassé, le système économique était cassé et, nous l’avons entendu si souvent, les médias étaient cassés. Eh bien, quelque chose est sûrement rompu. Il peut être réparé, mais il faut le faire une bonne fois pour toutes. »