Promotions en série pour les amis de Sarkozy

Raphaëlle Baillot - ©2007 20 minutes

— 

TF1, les Echos, le Figaro, attention tournis : la valse des têtes médiatiques s'emballe. Pour commencer, Nicolas Beytout change de job. Le directeur de la rédaction du Figaro part diriger DI Group (le pôle médias du groupe de Bernard Arnault LVMH). « J'ai dit [à la rédaction] que j'allais partir », précise-t-il. DI Group est un gros morceau : en plus de Radio Classique ou de Connaissance des arts, il comprendra bientôt Les Echos... et lorgne sur le Financial Times. « Nicolas Beytout revient comme un véritable éditeur-développeur », note Jean-Clément Texier, expert chez BNP Paribas.

Ce départ entraîne un jeu de dominos au Figaro : ce matin, une réunion chez Dassault, son propriétaire, entérine un nouvel organigramme qui fait prendre du galon à... Etienne Mougeotte. L'ex-n° 2 de TF1, devenu fin juillet directeur du Figaro Magazine, devrait se muer en directeur des rédactions du groupe. Hier, il restait silencieux.

Plus que jamais, cette valse à mille temps se danse dans la salle de bal des habitués de l'Elysée. M. Arnault fut témoin de mariage de M. Sarkozy. M. Beytout figurait sur la short list des invités du Fouquet's le soir du deuxième tour. Vendredi, le président de la République lui-même annonçait à des journalistes des Echos l'arrivée de M. Beytout chez LVMH. Samedi, M. Mougeotte faisait du zèle dans son edito du FigMag : « Continuez à tenir bon, monsieur le président ». « On voit que le cénacle des dirigeants de médias est tout petit, se gausse un connaisseur. Ça montre à quel point on est sur des effets de réseaux. »

D'en bas, les journalistes des rédactions concernées scrutent d'un oeil inquiet ce jeu très entre-soi de chaises éditoriales. « Etienne Mougeotte a le sens de ce qui plaît au lecteur, témoigne une signature du FigMag. Mais avec lui, un sujet sur la collection d'objets d'art d'Alain Delon passe avant tout le reste. Privilégiera-t-il pour tout le groupe le people au détriment de l'actu ? » Au Figaro, M. Beytout, parfois décrit comme « un manager cassant », a beau être honni par certains services, beaucoup lui accordent d'« avoir été un rempart efficace contre les tentatives d'intervention de Dassault ». A 15 h aujourd'hui, il dira au revoir aux journalistes du quotidien.