Avec Arte, la boucle est bouclée sur René Bousquet

Raphaëlle Baillot - ©2007 20 minutes

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Il a fallu attendre 1978 et une interview de l'antisémite Louis Darquier de Pellepoix dans L'Express, pour lier René Bousquet à la déportation des Juifs de France. Il a fallu attendre ce soir, et la diffusion sur Arte de René Bousquet, le grand arrangement, pour que l'histoire du préfet collaborationniste se boucle dans l'imaginaire, fut-il cinématographique. Car l'orchestrateur du Vel' d'Hiv, zélé jusqu'à inclure les enfants dans les rafles quand les nazis ne l'exigeaient pas, n'a jamais été jugé - il fut assassiné en 1993.

« S'il y avait eu un procès, les juges auraient utilisé le travail des historiens. Nous avons utilisé ces mêmes sources, glisse Laurent Heynemann, le réalisateur. Mais ce n'est qu'un film, une oeuvre d'émotion, jamais exhaustive. » Servi par des acteurs qui incarnent rigoureusement des dialogues complexes et denses - Prévost confirme après « Monsieur Joseph » sur France 2 qu'il n'a jamais été mieux servi que par la télé -, le film prouve qu'une fiction peut faire justice à l'histoire sans caricature ni aseptisation malvenue.