France Télévisions sévèrement critiqué par un rapport de la Cour des comptes

TELEVISION L’institution suggère au groupe public de réduire significativement les charges…

20 Minutes avec AFP
— 
Le siège de France Télévisions en avril 2016.
Le siège de France Télévisions en avril 2016. — JOEL SAGET / AFP

Un déluge de critiques pour France Télévisions. La Cour des comptes a publié lundi un sévère rapport au sujet des chaînes de l’audiovisuel public. L’institution estime que le groupe public ne s’est pas assez réformé entre 2009 et 2015 et qu’il a laissé sa situation financière se dégrader. En conséquence, une réduction plus rapide des charges semble « impérative ».

Mauvaises gestions, réformes insuffisamment ambitieuses, notamment dans les rédactions, achats peu contrôlés, salaires qui dérapent – en premier lieu du côté des journalistes –, absentéisme, retard dans le numérique, chiffrages flous pour France Info, pratiques parfois douteuses pour l’achat de programmes… Les points qui fâchent sont nombreux.

Doté de 2,5 milliards d’euros de fonds publics en 2015, France Télévisions a fait revenir son résultat net comptable à l’équilibre en 2015, mais son déficit d’exploitation reste de 30 millions, souligne la Cour des comptes, avant de signaler que, fin 2016, la trésorerie devrait être négative de 34 millions d’euros.

« Impasse financière »

En l’absence d’augmentation des dotations publiques, la « seule issue » à cette « impasse financière » est « une réduction significative des charges » avec « des actions nettement plus vigoureuses que celles entreprises jusqu’à présent », suggère la Cour des comptes.

Au cours des sept années étudiées dans le rapport, France Télévisions « n’a pas été en mesure de réduire significativement ses effectifs permanents [10 211 équivalents temps plein en 2009 ; 9 932 en 2015], et le recours à l’emploi non permanent n’est pas assez maîtrisé [la baisse des effectifs concerne quasi exclusivement ces emplois non permanents] ».

Le secteur de l’information est particulièrement visé. Il employait plus de 2 700 journalistes en 2015, et il a vu ses effectifs et coûts augmenter pour des résultats contrastés en matière d’audience, juge la Cour des comptes.