Jean-Marc Morandini mis en examen: Ce qu'il faut savoir sur l'affaire et les enquêtes

FAITS DIVERS Jean-Marc Morandini a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire ce vendredi...

20 Minutes avec AFP

— 

Le 19 juillet 2016, Jean-Marc Morandini a tenu une conférence de presse à Paris après les révélations parues dans «Les Inrocks».
Le 19 juillet 2016, Jean-Marc Morandini a tenu une conférence de presse à Paris après les révélations parues dans «Les Inrocks». — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Jean-Marc Morandini a été mis en examen ce vendredi et placé sous contrôle judiciaire à la suite de plaintes déposées par deux jeunes hommes. Il a l’interdiction d’entrer en contact avec les victimes et d’exercer une activité professionnelle en lien avec des mineurs et doit également signaler toute sortie du territoire national. 20 Minutes vous résume les principales choses à savoir sur cette affaire.

  • Qu’est-ce qui est reproché à l’animateur ?

Le juge d’instruction a mis Jean-Marc Morandini en examen pour « corruption de mineur aggravée » par l’utilisation d’un moyen de communication électronique. Cette enquête repose sur deux plaintes déposées en juillet et septembre par deux hommes, mineurs au moment des faits présumés. L’un, âgé de 18 ans aujourd’hui, affirme que l’animateur de 51 ans lui a fait des propositions sexuelles par SMS, entre février et mars 2013.

Le deuxième, qui a 23 ans, dit avoir participé à un casting en 2009 pour un remake de Ken Park que la société de production de Jean-Marc Morandini envisageait de mettre en chantier – le projet n’a jamais été concrétisé. Le film de Larry Clark, qui narre le quotidien d’un groupe de jeunes américains, comporte de nombreuses scènes de sexe explicites. L’une d’elle montre la masturbation non simulée d’un personnage qui pratique en même temps une asphyxie autoérotique, pendu à une poignée de porte. Le plaignant explique que Jean-Marc Morandini l’a convié à son domicile dans le cadre du casting et lui aurait demandé de poser nu pour une séance de photos.

L’animateur « ne conteste rien de ce qu’il a pu faire, mais il conteste qu’il y ait eu la moindre infraction, l’a défendu son avocat, Patrick Klugman. Pour un cas, il n’avait absolument aucun souvenir de la personne ou des échanges. Pour l’autre, il y avait des échanges mais il était parfaitement dans l’ignorance de l’âge de son interlocuteur. » Ces deux plaintes ne sont pas liées directement à l’affaire révélée par Les Inrocks, qui fait l’objet d’une autre enquête.

  • Quelle est la seconde enquête visant Jean-Marc Morandini ?

En juillet, Les Inrocks ont publié une enquête sur les conditions de recrutement et de tournage des Faucons, web-série montée par Ne zappez pas productions, société de Jean-Marc Morandini. L’article cite les témoignages de plusieurs comédiens qui accusent l’animateur d’avoir profité des castings pour les pousser à s’exhiber nus. Une certaine Catherine, prétendue responsable du casting, leur aurait notamment demandé d’envoyer des vidéos d’eux dévêtus et aurait suggéré à certains de se filmer en train de se masturber. Cinq de ces comédiens, tous majeurs, ont porté plainte, ce qui a déclenché l’ouverture d’une enquête pour « harcèlement sexuel et travail dissimulé ». Elle vise l’animateur et sa société de production.

  • Jean-Marc Morandini peut-il revenir sur Europe 1 ou iTélé ?

Officiellement, oui. Le contrôle judiciaire dont il fait l’objet est « tout à fait compatible avec ses activités professionnelles », affirme son avocat. Mais, dans les faits, Jean-Marc Morandini ne semble pas près de retrouver les studios de radio ou de télé. Le 13 septembre, en marge de la conférence de presse de rentrée d’Europe 1, Denis Olivennes, le PDG de Lagardère Active, maison mère de la radio de la rue François-Ier, a confié avoir des « rendez-vous réguliers » avec l’animateur, mais il a infirmé la rumeur d’un retour à l’antenne début octobre.

Idem du côté du groupe Canal +. Fin août, l’arrivée de Jean-Marc Morandini sur iTélé a bien été confirmée par un communiqué qui évoque « le respect du principe de présomption d’innocence ». « Pour lui permettre de préparer sa défense, iTélé et Jean-Marc Morandini détermineront à quelle date débutera son émission », ajoute la missive. Mais le groupe a pris le soin de préciser qu’« en cas de condamnation, Jean-Marc Morandini et iTélé ont d’ores et déjà prévu qu’il quitterait le groupe sans indemnité ».

L’animateur reste visible sur NRJ12. Ce lundi les téléspectateurs le retrouveront en prime time dans un numéro de Crimes, un magazine enregistré depuis longtemps et consacré… aux faits divers.