Rentrée d'Europe 1: La radio veut retrouver le sourire et oublier l'affaire Morandini

RADIO Europe 1 a présenté sa nouvelles grille et affiché ses ambitions lors d'une conférence de rentrée, ce mardi...

F.R. avec AFP

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Un micro aux couleurs de la radio Europe 1.
Un micro aux couleurs de la radio Europe 1. — FRED DUFOUR / AFP

Europe 1 a grimacé ces derniers temps. Désormais, elle veut retrouver le sourire, dans tous les sens du terme. C’est en tout cas ce qui a été avancé par la station de la rue François-Ier lors de sa conférence de rentrée qui s’est tenue ce mardi au Musée Maillol qui accueille l’exposition Tout est art ?, dédiée à Ben. Le carton d’invitation envoyé par la radio aux médias faisait apparaître une phrase à la graphie emblématique de l’artiste franco-suisse : « Aujourd’hui, rien d’impossible ». Une méthode Coué plus que jamais d’actualité pour Europe 1. Explications.

  • Enrayer la chute d’audience

Les audiences d’Europe 1 ont dégringolé au fil des derniers mois. Au deuxième trimestre 2016, l’audience cumulée atteignait à peine les 7,8 %. La quatrième radio française n’avait pas connu pareille déconvenue depuis 2002 ! En conséquence, la station a fait un grand ménage dans sa grille de programmes. Elle s’est notamment séparée de Cyril Hanouna au début de l’été, car il n’avait pas su conserver les bonnes audiences de son prédécesseur, Laurent Ruquier. « La radio était un truc un peu trop de ieuv pour moi », avait tweeté l’intéressé en plein moins d’août, faisant mine de ne pas en être affecté plus que ça…

En cette rentrée la quasi-intégralité des émissions de la journée, matinale et soirée exceptées, a été confiée à de nouveaux animateurs. Soit huit heures de programmation chaque jour. Il y a aussi eu du nouveau dans l’organigramme : Nathalie André, ancienne directrice des divertissements de France 2 a rejoint la radio en tant que directrice des programmes.

  • Gérer le « cas Morandini »

Jean-Marc Morandini, lui, aurait dû faire sa rentrée au micro du Grand direct des médias. Mais, début juillet, les révélations des Inrockssur les conditions de casting de la web-série qu’il produisait, Les Faucons, ont tout remis en cause. L’animateur est visé par deux enquêtes, l’une pour « corruption de mineurs », l’autre pour « harcèlement sexuel ». Résultat, Jean-Marc Morandini a été mis en retrait de l’antenne. « On devait éviter absolument que la rentrée soit abîmée par des polémiques qui sont extérieures [à Europe 1] », a déclaré Denis Olivennes, le PDG de Lagardère Active, maison mère d’Europe 1, ce mardi.

En conséquence, Thomas Joubert assure l’intérim entre 9h et 10h30, puis Christophe Hondelatte et le docteur Gérald Kierzek prennent le relais, le premier parlant de faits divers et le second de santé. Si la rumeur d’un retour de Morandini pour le 3 octobre a circulé, la direction a indiqué ce mardi que ce n’était pas à l’ordre du jour. Denis Olivennes, a néanmoins dit avoir des « rendez-vous réguliers » avec Jean-Marc Morandini.

  • Retrouver le sourire

« La force vitale, la joie de vivre, l’optimisme » C’est le credo d’Europe 1 en ce début de saison, selon le PDG de Lagardère Active. Si le trublion Hanouna n’est plus là pour assurer la déconne, la plus sage Anne Roumanoff a été embauchée pour animer une demi-heure quotidienne, en remplacement de Jean-Michel Aphatie sur la tranche du midi. Dans Ça pique mais c’est bon !, une émission réalisée en public, elle commente l’actualité entourée d’une bande de chroniqueurs. Sur l’ancienne tranche de « Baba », l’après-midi, Alessandra Sublet a fait son apparition dans la grille entre 16h30 et 18h. L’irrésistible Jérôme Commandeur a quant à lui décroché une pastille humoristique à 7h25 dans la matinale de Thomas Sotto, qui est au micro pour la quatrième saison.

  • Ne pas négliger l’actu

« On veut mettre des espaces de respiration, d’humour, de bien-être. (…) Ça ne veut pas dire qu’on sera moins rigoureux sur le news », a assuré Fabien Namias, le directeur général d’Europe 1. La radio vient de faire son entrée dans le top 10 des sites d’information en ligne et elle entend bien grappiller le plus de places possible. Fabien Namias le reconnaît : les revenus du numérique » ne sont pas à la hauteur de l’audience sur le web ». Europe 1 planche sur une « meilleure monétisation » de ses contenus. En cas de doute, la station se répétera sans doute : « Aujourd’hui rien d’impossible ».