Journée européenne de la liberté de la presse

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«Tous debout pour le journalisme!» C’est sous ce titre que se tient, ce lundi, la journée européenne de la liberté de la presse. Le but de cette journée? «Faire prendre conscience aux citoyens européens que le journalisme est actuellement en danger», explique la Fédération européenne des journalistes (FEJ), organisatrice de l’événement.

L'Europe dans le tableau mondial
Selon le classement mondial sur la liberté de la presse de Reporters Sans Frontière, les pays d’Europe du Nord tiennent les premiers rangs avec une presse à la déontologie rigoureuse. En revanche, la Bulgarie (51e sur 169) et la Pologne (56e) sont considérées comme «les mauvaises élèves» de l’Europe. «A Sofia, les journalistes peuvent être pris à partie physiquement pour leur travail, explique RSF. Le climat a été encore assombri après l’abandon de toute poursuite à l’encontre de policiers qui avaient agressé un journaliste, en mai dernier. De leur côté, les autorités polonaises refusent de dépénaliser les délits de presse et la justice condamne régulièrement des journalistes à des peines de prison avec sursis. Depuis l’arrivée au pouvoir de Lech Kaczynski, en octobre 2005, puis de son frère Jaroslaw, quelques mois plus tard, les poursuites contre la presse polonaise se sont multipliées.»

Et en France?
La situation française serait loin d’être exemplaire. Classée 31e au classement RSF, la France voit «se rejoindre les démons de l’ingérence politique, de l’autocensure, de la concentration des médias et de la précarité dans la profession pour aboutir à un journalisme véritablement malade», soupire Aidan White, le secrétaire général de la FEJ. «Les groupes de médias ont des positions fortes à la fois dans la télévision, la presse, l’édition, ... et sont intégrés à des groupes industriels (Lagardère, Bouygues, Dassault, ...), fustige l’Observatoire des médias. La concentration est aussi amplifiée par les alliances entre les groupes de médias: des convergences d’intérêts naissent à travers des entreprises dont le capital est détenu conjointement par les groupes alliés (alliance Vivendi-Lagardère, alliance TF1-M6).»

A l’occasion de cette journée, les syndicats de journalistes remettront aux députés leurs propositions «pour renforcer l’indépendance de la presse». En attendant, une pétition, lancée depuis le 4 octobre, a déjà recueilli 5.000 signatures.