Bolloré: Canal+ accuse 400 millions d'euros de perte et pourrait s'arrêter un jour

TELEVISION Lors d’une AG du groupe Vivendi jeudi, Vincent Bolloré a exposé son plan de sauvetage de Canal + avant qu’il ne soit trop tard…

V. J.

— 

Vincent Bolloré dans «Il faut sauver le soldat Canal+».
Vincent Bolloré dans «Il faut sauver le soldat Canal+». — NIVIERE/SIPA

Ce jeudi se tenait à l’Olympia à Paris l’assemblée générale des actionnaires de Vivendi. L’occasion de présenter les résultats et stratégies du groupe, mais aussi de discuter de la question qui fâche : Canal +. Son patron Vincent Bolloré a d’ailleurs été fidèle à lui-même et n’a pas mâché ses mots : si les courbes ne sont pas inversées, les pertes enrayées, la chaîne cryptée et ses déclinaisons pourraient s’arrêter. C’est dit.

>> A lire aussi : Pourquoi Bolloré «casse tout» chez Canal+

Des pertes considérables

Le président du conseil de surveillance de Vivendi avait envoyé une lettre à tous ses collaborateurs en préalable à l’AG, une lettre que le sitepuremedias.coms'est procurée. « Canal + a toujours connu une vie mouvementée : un lancement avec "tambours et trompettes" vite suivi par des rumeurs et un risque de faillite, écrit-il. Puis une période de gloire. (…) Puis l’arrivée de beIN Sports et autres Netflix entraînant les chaînes Canal + dans des pertes considérables – 180 millions en 2014, 250 millions en 2015, 400 millions d’euros pour 2016 ! »

>> A lire aussi : VIDÉO. Un «Zapping» 100% anti-Bolloré... le dernier?

L’accord avec BeIN Sport, une question de vie ou de mort

Des pertes qui ne pourront pas être financées ad vitam : « En effet, le groupe Canal + ayant un endettement supérieur à 1 milliard d’euros n’obtiendra pas de Vivendi, dont 70 % du capital est détenu par des fonds étrangers, de mettre indéfiniment la main à la poche. » Pourtant, Canal + tient un rôle important dans le projet de Bolloré de faire de Vivendi « ce groupe européen capable de rivaliser avec les géants de l’Internet ». D’où le rapprochement avec l’italien Mediaset ou le deal avec BeIN Sports : « J’espère de toutes mes forces que cet accord, essentiel, aboutira car le sport reste le contenu le plus attractif pour nos abonnés qui sinon, inexorablement, se désabonneront en grand nombre, mettant en cause l’existence même de Canal +.» A noter que si l’accord est passé, il ne sera pas exclusif et qu’il sera toujours possible de s’abonner à BeIN en solo.

>> A lire aussi : Canal+ va annoncer un accord de distribution exclusif avec BeIN Sports

Un Canal + sans Canal +

 Bolloré a par la même occasion réaffirmé son intention de privilégier le crypté : « On parle beaucoup de nos programmes en clair mais nos abonnés ont droit, avec ce qu’ils payent mensuellement, d’avoir accès en priorité à des programmes inédits et intéressants. » La preuve : seules 50 personnes sont envoyées cette année au Festival de Cannes, contre plus de 450 les précédentes éditions. Une décision qu’il qualifie d'« impopulaire » mais qu’il assume. Autre casse-tête, le cas iTELE avec 25 millions de pertes en 2016 et l’arrivée de deux concurrents, LCI et France Info.

Pour toutes ces raisons, le grand manitou n’exclut pas un groupe Canal + sans les chaînes Canal +, mais avec Canal Overseas, StudioCanal, CanalSat ainsi que D8 et D17, tous rentables.