Après 10 ans à la tête du groupe, TF1 et Nonce Paolini, c'est fini

TELE C'est lui qui est à l'origine des évictions de Claire Chazal et PPDA...

M.P. avec AFP

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Le PDG de TF1 Nonce Paolini, le 12 septembre 2014 à La Rochelle
Le PDG de TF1 Nonce Paolini, le 12 septembre 2014 à La Rochelle — XAVIER LEOTY AFP

Un bail de près de dix ans à la tête de TF1 et un bilan en demi-teinte. Nonce Paolini quitte ce jeudi la direction de la première chaîne française, avec quelques succès comme l'autorisation à l'arraché du passage en gratuit de LCI mais des audiences globales qui se sont érodées et des résultats financiers amoindris. 

Des débuts compliqués

TF1 a en effet publié des résultats annuels 2015 en léger recul, avec un bénéfice net divisé par quatre, à 103,3 millions d'euros. Le chiffre d'affaires a aussi reculé de 4,2% à 2 milliards d'euros. Mais ces chiffres sont aussi plombés  par la forte plus-value l'année précédente pour la cession des 51% détenus dans Eurosport à Discovery Communications. Si on enlève cette opération, le bénéfice net est inchangé, à 99 millions d'euros.

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De l'aveu de ce Corse discret, arrivé à la direction générale en 2007 avant de devenir PDG en 2008, les premières années ont été compliquées. «C'était une période de transformation. Il fallait à la fois renouveler les programmes, se renforcer sur la TNT», confiait-il sur Europe 1. «Il y a eu la crise de 2008-2009, avec des chiffres d'affaires en berne pour toutes les télévisions y compris pour TF1. Ca a été aussi un renouvellement d'équipe qui s'est fait petit à petit», ajoutait-il.

Un coupeur de tête

Pour les téléspectateurs, l'ancien DRH de la chaîne restera celui qui a coupé la tête à deux vedettes de la chaîne qui paraissaient indéboulonables: PPDA en 2008 et Claire Chazal en 2014. «Qu'on ne me dise pas que c'est une question d'âge, Jean-Pierre Pernaut est là, il restera autant qu'il le voudra et que l'audience le lui permettra», a dit celui qui prend sa retraite après 30 ans passés au sein du groupe Bouygues.

Si la chaîne a vu ses scores chuter en dix ans, passant de 30,7% en 2007 à 21,4% en moyenne en 2015, elle reste la plus regardée, surtout en prime time où elle a réalisé 98 des 100 meilleures audiences de l'année, selon Médiamétrie. Le succès des derniers lancements (Le Secret d'Elise, Danse avec les Stars, reprise de The Voice) montrent «une certaine capacité de TF1 à renouveler ses programmes», estime Philippe Bailly, du cabinet NPA Conseil. Côté sport, face à la bataille sur les droits sportifs que se livrent les chaînes privées, «sous l'ère Paolini, TF1 est devenue plus sélective, avec une évaluation coûts/bénéfices systématique», note Philippe Bailly.

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Durant ces dix ans, Nonce Paolini a dû adapter, parfois à marche forcée, son groupe à la nouvelle donne du secteur audiovisuel, bouleversé par la TNT et les changements de mode de consommation de la télé, avec le replay et a concurrence des acteurs du numérique type Netflix. Pour répondre à un des nouveaux enjeux, la bataille des contenus, le groupe a racheté en novembre Newen, deuxième producteur français de fiction et troisième producteur de flux (jeux, talk shows...), ce qui va lui permettre de renforcer son catalogue et de le distribuer à l'international.

Le défi du numérique

Nonce Paolini a en outre développé une stratégie multichaînes sur la TNT gratuite, avec le rachat en 2009 au groupe AB de TMC et NT1, suivi en 2012 de celui de HD1. Viendra s'y ajouter, au plus tard en avril LCI, la chaîne d'information du groupe, qui a reçu le feu vert du CSA pour un passage en gratuit en décembre.

«Quand j'arrive, la TNT, c'est 2,5% d'audience, aujourd'hui c'est 20%, il y a eu une révolution absolue sur ce marché et en même temps le marché publicitaire s'est effondré», raconte Nonce Paolini. En comptant les petites chaînes, le groupe cumule une audience moyenne de 27,7% en 2015, certes derrière l'ensemble des chaînes de France Télévisions (29,2%), mais avec une moyenne d'âge plus jeune, ce qui plaît aux annonceurs: TF1 capte 46% des dépenses publicitaires totales à la télévision, presqu'autant qu'en 2007 (47%).

Le successeur de Nonce Paolini, Gilles Pélisson, devra toutefois travailler au développement du numérique, amorcé avec la refonte du portail internet MyTF1, mais qui reste faible face à la concurrence.