«Elle est bonne?»: Nagui mis en garde par le CSA pour un terme «dégradant»

RADIO Dans son émission du 9 octobre sur France Inter, Nagui a employé un terme « totalement inapproprié » au sujet d’une attachée de presse, estime le gendarme de l’audiovisuel…

F.R.

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L'animateur Nagui ne fait pas toujours dans la finesse.
L'animateur Nagui ne fait pas toujours dans la finesse. — THOMAS SAMSON / AFP

N’oubliez pas les paroles graveleuses. Le 9 octobre, alors qu’il animait La bande originale, son émission de France Inter, en direct de Rennes, Nagui s’est entretenu par téléphone avec Yann Queffélec. L’écrivain lui a expliqué qu’il n’a pas pu arriver à temps pour la prise d’antenne en raison de perturbations sur les rails.

« J’ai rencontré dans le train quelqu’un de France Inter, Emilie* [une attachée de presse], chargée de porter secours aux invités en détresse. Grâce à elle, je suis sous perfusion depuis tout à l’heure avec du café », lui raconte Yann Queffélec. Nagui lui demande alors si « elle est mignonne ou pas ». « Est-ce qu’on est à l’antenne ou pas ? », s’inquiète l’auteur. « Non, non, on n’est pas à l’antenne, on s’en fout ! », s’amuse l’animateur avant de l’encourager : « Elle est mignonne ? Elle est bonne ? Allez, allez, vas y ! » Yann Queffélec s’en tire avec une certaine élégance : « Elle est très jolie, elle est très douce. Elle sait parler aux trains qui n’arrivent pas. »

« Un terme totalement inapproprié »

Le CSA a été saisi pour cette séquence et, dans une décision publiée sur son site, « a mis en garde Radio France ». Motif : « Le terme utilisé par [Nagui] pour parler de l’attachée de presse était extrêmement vulgaire et dégradant et qu’il apparaissait comme totalement inapproprié de ne mentionner cette dernière qu’en tant qu’objet de désir. »

 

« L’emploi de ce terme constitue donc un manquement aux dispositions des articles 3-1 et 43-11 de la loi du 30 septembre 1986 », précise le communiqué qui rappelle que « le service public se doit d’être exemplaire en matière de promotion de l’image et de la place de la femme dans ses programmes ».

Le CSA a par ailleurs également mis en garde France 2 pour des propos et gestes « vulgaires, voire dégradants » tenus dans le cadre d’une chronique humoristique de Comment ça va bien !, le 13 octobre.

*Le prénom a été modifié