Une autre coupure de pub sur France Télévisions? Pas question

Alice Antheaume

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Autoriser une nouvelle coupure de publicité aux chaînes du service public? C’est ce qu’a réclamé Patrick Carolis, PDG de France télévisions, à l’Elysée. Si Christine Albanel, ministre de la Culture, s’y oppose, Bercy y est favorable: le Ministère de l'Économie souhaiterait que France Télévisions maintienne son chiffre d'affaires publicitaire malgré des rentrées publicitaires en sensible baisse.
 
L’idée provoque une vague de protestations dans les médias. Les syndicats patronaux de la presse écrite (SPQR, SPMI et SPQN) ont écrit lundi à Nicolas Sarkozy pour s'assurer que les demandes des chaînes du service public pour davantage de coupures publicitaires à la télévision ne sont «pas d'actualité». Selon eux, cela risquerait de «déstabiliser le marché».
 
Le patron de la chaîne de la TNT BFM TV, Alain Weill, a également adressé une lettre à Nicolas Sarkozy dans laquelle il met en garde : «Nous en appelons à votre haute autorité pour maintenir les conditions d'une concurrence équitable et du pluralisme de l'information tous médias confondus».
 
Le marché publicitaire n’étant pas extensible, les annonceurs qui vont sur France Télévisions sont autant de pertes pour les plus petites chaînes. «La publicité est la ressource unique des opérateurs privés, écrit encore Alain Weill. Nul doute que ce détournement de flux serait préjudiciable» au «développement d'une chaîne d'information indépendante comme BFM TV».
 
Pour Weill, «si la dotation de France Télévisions doit être accrue, c'est par le truchement de la redevance». Or Nicolas Sarkozy a déjà marqué sa désapprobation quant à une hausse de la redevance.