«Le public adore ces histoires»

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INTERVIEW – Fabrice Chassery, photographe, accusé d'homicide involontaire puis innocenté…

Racontez-nous votre nuit du 31 août 1997...

J’étais sur les Champs-Elysées quand un collègue m’appelle pour me dire que la voiture de Diana s’est crashée. J’arrive à l’Alma, les secours sont là. Je prends dix photos et je file à l’agence. Mais à 5 h du matin, on apprend que Lady Di est morte, alors on retire les clichés du marché, par respect. Les JT commencent à dire que des paparazzis ont tué Diana : le rouleau compresseur est lancé.

Accusé d’homicide involontaire, vous êtes innocenté en 2002 mais condamné l’an dernier pour violation de l’intimité de la vie privée. Fallait-il faire ces images ?
Bien sûr ! J’ai fait mon travail, comme d’habitude. Ces photos devaient être faites pour témoigner d’un instant clé. Très vite, elles ont été saisies par la justice, je n’ai jamais touché un euro dessus.

Cela a changé votre manière d’exercer votre métier?
Pas vraiment. En fait, ça a plutôt renforcé ma passion. Aujourd’hui, je travaille surtout à l’étranger, où les stars ne font pas leur business sur notre dos et où la loi est moins liberticide.
Aujourd’hui, l’engouement médiatique est intact... Vous savez, mes photos ont disparu du dossier d’instruction. L’une d’elles a été vendue 80.000 € a Chi et à Channel 4. Dix ans après, on en est toujours au stade de l’icône... et des magouilles. Le public adore ce genre d’histoires, et nous déteste.

Recueilli par Laure de Charette