TF1 va très bien dans le meilleur des ondes, merci

Raphaëlle Baillot - ©2007 20 minutes

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Les sujets qui fâchent, non. TF1 « chaîne-maître », TF1 « média de référence », TF1 « cas unique au monde de solidité des audiences », alors là d'accord. Pour sa première conférence de rentrée, le nouveau patron de la Une, Nonce Paolini, s'est livré à un beau numéro de persuasion. Oubliée, la chute de 15 % de l'action à la fin juillet. Trappée, la réduction des coûts de grille de 20 %. D'ailleurs, aucun journaliste présent hier à l'Olympia n'a pu reve­nir sur ces doutes, la tradit­ion­nelle séance de questions de fin de « conf' » étant elle aussi supprimée. « Con­trairement à ce que nous avons pu lire ici ou là, glisse juste Nonce Paolini, nous avons les moyens de faire une grille exceptionnelle. »

Ce n'est pas la dose de nouveautés 2007-2008 qui le contredira. Le mystérieux retour de « Sacrée soirée » avec Jean-Pierre Foucault, le jeu ultra-lucratif « Power of Ten », la série française « L'hôpital », le téléfilm « Ali Baba » avec Gérard Jugnot constituent les événements français de cette année. Sans oublier le programme court « la Cauetidienne », où Cauet se pliera aux tests les plus gras, et un nouveau magazine sur les gestes quotidiens pour préserver l'environnement. Côté séries américaines, « Ugly Betty », version américaine du « Destin de Lisa », « Lipstick Jungle », variante quadra de « Sex and the City » avec Brooke Shields, « Bionic Woman » ou encore « Brothers and Sisters » avec Calista Flockhart se disputent le haut de la Une. En VRP de luxe, Nonce Paolini est même allé jusqu'à projeter un graphique des courbes des ventes de téléviseurs, toujours en hausse. Bref, à l'en croire, la télé en général, et TF1 en particulier, vont très bien dans le meilleur des ondes. La preuve ? Pour sa première grande rencontre avec les journalistes, Nonce Paolini a eu un autre silence, aussi éloquent qu'étonnant. Il n'a pas prononcé un seul mot pour saluer son prédécesseur Etienne Mougeotte, dont le départ en fin de saison dernière (après vingt ans de bons services) a coïncidé avec les mauvaises prévisions publicitaires de la fin de saison dernière. Cette fois, c'est sûr, une page de l'histoire de la télé s'est tournée.