Les cinq plus gros bad buzz de 2015

WEB La société Visibrain publie ce jeudi le « Livre blanc des bad buzz 2015 » et dresse la liste des principales crises qui ont animé les réseaux sociaux ces derniers mois…

Fabien Randanne

— 

Parmi les «bad buzz» de 2015 identifiés par Visibrain ; l'opération «Tel Aviv sur Seine», le direct de Louis Bodin après le drame de «Dropped» et le plagiat du logo des JO 2020.
Parmi les «bad buzz» de 2015 identifiés par Visibrain ; l'opération «Tel Aviv sur Seine», le direct de Louis Bodin après le drame de «Dropped» et le plagiat du logo des JO 2020. — KENZO TRIBOUILLARD - AFP / CAPTURE D'ECRAN TF1 - TORU YAMANAKA / AFP

« Bad buzz is good buzz » (« Même une mauvaise pub est une bonne pub »), dit l’adage marketing. C’est vrai, sauf dans 28 % des cas, à en croire Visibrain. Cette plateforme de veille Twitter, qui vend ses services aux pros de la communication, publie ce mardi le Livre blanc : rétrospective des bad buzz 2015. L’étude, qui se concentre sur « la scène médiatique francophone », a établi un Top 5 des plus importantes crises de l’an passé, en fonction de leur impact sur les réseaux sociaux et dans la presse. Parmi les 109 bad buzz identifiés, les « gagnants » sont…

  • 1- L’opération Tel-Aviv sur Seine

Sous la plage, les pavés. A l’occasion de Paris Plage, la Mairie avait décidé de mettre, le temps d’une journée, la ville israélienne Tel-Aviv à l’honneur. Sur Twitter, la polémique a vite enflé et les messages indignés, dont certains à caractère antisémite, se sont multipliés. L’initiative de la Ville a été vertement critiquée, notamment par des militants propalestinens, notamment car Tel-Aviv sur Seine se tenait un an après l’opération Bordure Protectrice qui a fait plus de 200 morts à Gaza et quelques jours après la mort d’un bébé palestinien et de son père en Cisjordanie dans un incendie criminel déclenché par des colons extrémistes.

Les politiques se sont emparés de l’affaire, à l’image de la conseillère de Paris Danielle Simonnet qui a dénoncé, dans un communiqué, le « cynisme de l’organisation d’une telle journée ». Résultat : « la crise a eu un impact médiatique et financier puisque 500 policiers ont été mobilisés et les médias ont traité une polémique portée par une poignée d’internautes de manière nationale », souligne l’étude Visibrain.

  • 2- Le logo plagié de Tokyo 2020

Si l’accusation de plagiat était une discipline olympique, Tokyo obtiendrait la médaille d’or. La ville organisatrice des JO d’été 2020 aurait pompé le logo de l’événement sur celui du théâtre de Liège. Le designer Kenjiro Sano tente de prouver sa bonne foi et dénonce un faux procès, mais les internautes trouvent alors de fortes ressemblances entre ses créations et d’autres logos. Sano finit par présenter ses excuses et la capitale japonaise opte alors pour un autre logo… à son tour accusé de plagiat. Un bad buzz d’autant plus dommageable qu’au pays du Soleil levant, on ne rigole pas avec la honte.

  • 3- Le logiciel espion planqué dans les ordinateurs Lenovo

Lenovo, le fabricant chinois d’ordinateurs, a reconnu que plusieurs PC portables vendus entre septembre et décembre 2014, étaient équipés de Superfish. Cet adware, ou logiciel de publicité, a été désactivé en janvier 2015 après des retours négatifs. Mais le mal était déjà fait. Superfish, qui était censé « aider des clients à découvrir de nouveaux produits en faisant du shopping » était plus proche du mouchard injectant des pubs dans des connexions protégées et mettant en péril la sécurité des appareils. Le scandale a généré 220.000 tweets indignés qui ont poussé la marque à s’excuser. Mais Lenovo n’était pas tiré d’affaire pour autant : en mai une class action a été engagée aux Etats-Unis contre l’entreprise qui devra donc répondre sur le plan judiciaire.

  • 4- L’attitude supposée du personnel du Thalys lors de l’attaque déjouée

En août, après l’attentat déjoué dans un Thalys, la France a applaudi les héros américains qui ont désarmé le terroriste présumé. Les internautes ont aussi vilipendé les employés du train qui se seraient enfermés dans un wagon sans se soucier de la sécurité des passagers. « Collés les uns aux autres contre la porte métallique de la matrice, nous tapions dessus, nous criions pour que le personnel nous laisse entrer, nous hurlions :"Ouvrez !" On voulait qu’ils réagissent ! En vain. Personne nous a répondu. Silence radio […] Nous attendions la mort, et nous n’avions pas le choix », a témoigné l’acteur Jean-Hugues Anglade, qui se trouvait à bord du train, auprès de Paris Match. La direction de Thalys et le syndicat Unsa - Ferroviaire ont pris la défense des salariés en assurant qu’ils avaient parfaitement réagi. La Légion d’honneur a été promise au chef de bord du train, Michel Bruet, et à Eric Tanty, un conducteur de Thalys qui voyageait à titre privé, mais ce n’est pas ce que la mémoire collective a retenu.

  • 5- Le funeste direct de Louis Bodin

Alors que les Français sont encore sous le choc de la disparition de dix personnes, dont les sportifs Florence Arthaud, Camille Muffat et Alexis Vastine dans le crash d’un hélicoptère lors du tournage de Dropped, Louis Bodin, qui devait présenter cette nouvelle émission, intervient en direct pour le journal de TF1 devant la carcasse de l’appareil.

Cette mise en scène a choqué les téléspectateurs qui ont multiplié les messages outrés sur les réseaux sociaux. TF1 s’est défendue en arguant que cette séquence avait dû être tournée à cet endroit à cause d’un prestataire canadien. Mais l’explication de Catherine Nayl, la directrice de l’info, a moyennement convaincu. Quelques jours plus tard, Louis Bodin sera hospitalisé pour soigner un stress post-traumatique, avant de retrouver, en avril, la présentation de la météo.