Agnès Saal, l’ex-patronne de l’INA, regrette sa faute «à un point infini»

SCANDALE Après le scandale provoqué par ses 40.000 euros de frais de taxi, Agnès Saal a été exclue de la fonction publique pour deux ans, dont six mois ferme…

A.G.
— 
L'ancienne présidente de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), Agnès Saal au siège de l'INA, le 31 juillet 2014 à Bry-sur-Marne, dans l'est de Paris
L'ancienne présidente de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), Agnès Saal au siège de l'INA, le 31 juillet 2014 à Bry-sur-Marne, dans l'est de Paris — Dominique Faget AFP

Une « faute » qu’elle « regrette à un point infini ». Dans un entretien accordé au Monde et publiée ce lundi, Agnès Saal, l’ex-patronne de l’INA, revient sur le scandale provoqué en avril par ses 40.000 euros de frais de taxis alors qu’elle occupait ce poste. Une révélation qui lui a valu une exclusion de la fonction publique pour deux ans, dont six mois ferme.

Agnès Saal : « Je suis devenue un symbole d’une trahison des élites » https://t.co/inEWvTq06L par @alexisdelcambre pic.twitter.com/7lOa3kv8bs
— Le Monde (@lemondefr) January 11, 2016

Agnès Saal indique au journal qu’elle rejette l’hypothèse d’un recours contre cette sanction, assumant avoir « trébuché ». Elle évoque toutefois un « traumatisme personnel et professionnel » et sa « vie mise en miettes » avant de s’expliquer sur ce quI s’était passé à l’INA.

« On me remet les codes de l’abonnement, et c’est tout »

Le Monde lui demande avec quel encadrement son abonnement de taxi avait été mis à sa disposition. « On me propose cet abonnement, qui est très commode, mais sans définition précise ni cadrage préalable des conditions dans lesquelles je peux l’utiliser, répond Agnès Saal. On me remet les codes de l’abonnement, et c’est tout. » Elle reconnaît en revanche qu’elle a commis une « faute » en partageant ces codes avec son fils.

« Mon emploi du temps faisait que j’étais très peu à la maison et pas toujours joignable. J’ai eu le réflexe de laisser ce code à mon fils en cas d’urgence, explique l’ex-patronne de l’INA. Et j’ai commis l’erreur de ne vérifier à aucun moment la manière dont ce code était utilisé ». Agnès Saal avait dû rembourser 21.000 euros de frais, dont 6.700 correspondaient à un usage par son fils.

« Je suis devenue l’incarnation d’une trahison des élites »

Malgré tout, elle affirme comprendre « cette indignation face à un montant qui, donné comme ça, peut paraître exorbitant ». Agnès Saal finit par expliquer au Monde : « Il n’est pas anodin que le scandale soit survenu après d’autres affaires comme celle des bureaux de Thierry Lepaon [qui a dû quitter le secrétariat général de la CGT en janvier 2015] ou de Mathieu Gallet [président de Radio France, dont les dépenses font aussi l’objet d’une enquête]. Je suis devenue un dérivatif, un symbole, l’incarnation d’une trahison des élites, alors que je suis à l’opposé de cette image de haut fonctionnaire cupide qui dilapide les fonds publics. »