Redressement fiscal: Mediapart et Arrêt sur Images ont récolté près de 800.000 euros de dons

MEDIAS Les « pure players » sont soumis à des redressements fiscaux de 4,1 millions et 540.000 euros pour s'être auto-appliqué depuis leur création en 2008 un taux de TVA réduit de 2,1%...

A.G. avec AFP

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Edwy Plenel, le fondateur de Médiapart, en 2013.
Edwy Plenel, le fondateur de Médiapart, en 2013. — IBO/SIPA

Les sites d'informations Mediapart et Arrêt sur Images (ASI), qui avaient fait appel aux dons des internautes début novembre pour faire face à de lourds redressements fiscaux, ont récolté environ 400.000 euros chacun, selon des données transmises lundi par les sites de dons.

Mediapart et ASI sont soumis à des redressements fiscaux de respectivement 4,1 millions et 540.000 euros pour s'être auto-appliqué depuis leur création en 2008 un taux de TVA réduit de 2,1% dont bénéficie la presse papier, une mesure qui n'a été intégrée dans le code des impôts qu'en 2014.

Bataille juridique en cours

Contraints de payer le fisc malgré une bataille juridique en cours, ces sites qui vivent d'abonnements avaient lancé le 5 novembre un appel aux dons sur la plateforme "J'Aime L'Info", qui offre une déduction fiscale de 66%.

Au 30 novembre, Mediapart a récolté 400.300 euros et ASI 175.500 euros sur cette plateforme, selon le syndicat de la presse en ligne (Spiil), fondateur de l'association qui gère ce site.

En outre, ASI, qui avait lancé en parallèle une campagne de dons sur le site de financement participatif Ulule, a pu y récolter 216.663 euros. Le site d'informations s'est engagé à rembourser les internautes s'il obtient gain de cause. "Pour avoir six mois de visibilité, il nous faut trouver, en tout, 500.000 euros", prévient ASI dans un communiqué, précisant que près de 7.000 souscripteurs, abonnés ou non, ont répondu à son appel aux dons.

Amnistie fiscale ?

La commission des Finances de l'Assemblée a accepté lundi des amendements de gauche et de droite qui aboutiraient à une amnistie fiscale pour ces sites de presse en ligne. Ces amendements prévoient en effet de rendre applicable à la presse en ligne le taux de TVA réduite de manière rétroactive, à compter de juin 2009 au lieu du 1er février 2014.

Ces amendements devront être votés en séance pour être intégrés au projet de loi de finances rectificative 2015, dont l'examen a débuté lundi soir.