«New York Times»: Un grand blanc à la place d'un article en Thaïlande

CENSURE L’imprimeur local a refusé de publier un article décrivant «le malaise» général et la mauvaise santé économique…

A.G. avec AFP

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L'édition thaïlandaise de l'«International New York Times» du 1er décembre 2015.
L'édition thaïlandaise de l'«International New York Times» du 1er décembre 2015. — Capture d'écran / Twitter

La liberté de la presse est de plus en plus réduite en Thaïlande. L’édition thaïlandaise de l’International New York Times est apparue ce mardi avec un espace vierge en Une, après le refus de l’imprimeur local de publier un article décrivant « le malaise » général et la mauvaise santé économique.

C’est la seconde fois en quelques semaines que l’entreprise thaïlandaise refuse de publier un article concernant le royaume, où la liberté de la presse est de plus en plus réduite depuis la prise de pouvoir des militaires au nom de la défense de la monarchie.

L’imprimeur refuse de commenter

En Une, comme à la page six, en lieu et place de l’article, une phrase apparaît : « L’article prévu à cet emplacement a été enlevé par notre imprimeur en Thaïlande. L’International New York Times et son équipe éditoriale n’ont joué aucun rôle dans son retrait ».

L’article en cause évoque les difficultés de la junte à relancer l’économie, alors que les militaires avaient promis d’en faire leur priorité au moment du coup d’Etat de mai 2014. Contacté, l’imprimeur thaïlandais, Est impression PCL, a refusé de commenter.

En septembre, c’est un article concernant la mauvaise santé du roi et la question taboue de sa succession que cette entreprise avait refusé d’imprimer, le jugeant « trop sensible ». Entre-temps, le journal avait indiqué qu’il cesserait pour des raisons commerciales la publication et la distribution du titre dans le pays.

Le roi, présenté comme un demi-dieu

Le monarque, considéré comme le ciment d’une Nation très divisée, fêtera samedi ses 88 ans. Il est hospitalisé depuis mai à Bangkok pour une infection du sang et pulmonaire. Le roi Bhumibol Adulyadej est présenté comme un demi-dieu depuis des décennies, ses portraits sont omniprésents et le culte de sa personnalité a été renforcé depuis le coup d’Etat du 22 mai 2014, mené au nom de la défense de la monarchie.

Cette dernière est protégée par une des lois de lèse-majesté les plus sévères au monde, qui a pour conséquence une importante autocensure des médias, y compris étrangers.