Attentats à Paris : RMC licencie un politologue à cause d’une chronique

POLÉMIQUE Thomas Guénolé, qui avait évoqué un supposé «manque d'effectifs» de la brigade d'intervention au soir des attentats, ne signera plus sa chronique quotidienne dans «Bourdin Direct»...

F.R.

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Thomas Guénolé (à dr.), face à Jean-Jacques Bourdin, dans «Bourdin Direct», en novembre 2015.
Thomas Guénolé (à dr.), face à Jean-Jacques Bourdin, dans «Bourdin Direct», en novembre 2015. — RMC - BFMTV

« Le directeur de la rédaction de RMC, Philippe Antoine, m’a téléphoné vendredi, et dimanche soir j’ai reçu un mail me confirmant que j’étais viré. Mais comme je n’ai pas reçu de courrier formel, je me suis tout de même rendu dans les locaux de la radio ce [lundi] matin histoire de ne pas être en faute. On m’a refusé l’accès au plateau. Je peux donc dire officiellement ce matin que j’ai été viré de RMC. » Voici ce qu’a déclaré, il y a quelques heures, le politologue Thomas Guénolé au site Arrêt sur images.

 

Celui qui intervenait tous les jours depuis mars dans Bourdin direct avance que c’est sa chronique du 17 novembre qui lui a valu d’être remercié. Il expliquait alors que, le 13 novembre au soir, lors des attentats à Paris, « les brigades d’intervention manquaient gravement d’hommes et de moyens » et que « plusieurs policiers n’avaient ni gilets pare-balles lourds, ni casques lourds ». En s’appuyant, sans citer sa source, sur La Lettre A, il avançait que seuls trois fonctionnaires étaient de garde à la brigade de recherche et d’intervention (BRI).

 

« Je ne considérais pas ces accusations comme vérifiées »

Une affirmation qui avait suscité de nombreuses réactions, dont celle de Marie-Emmanuelle Assidon, la conseillère du ministre de l’Intérieur.

 

Le porte-parole du syndicat Unité SGP police FO avait par ailleurs assuré à Arrêt sur image que douze fonctionnaires étaient d’astreinte le soir des attentats.

« De garde et d’astreinte, ce n’est pas la même chose, s’est défendu Thomas Guénolé auprès du site spécialisé dans l’analyse des médias. Je dis dans ma chronique que si ces accusations de dysfonctionnement sont fausses, elles doivent faire l’objet d’une commission d’enquête parlementaire pour laver de tout soupçon les dirigeants de notre police et des services secrets ainsi que le ministre de l’Intérieur. C’est bien la preuve que je ne considérais pas ces accusations comme vérifiées. » RMC ne l’a semble-t-il pas entendu de la même oreille.