Attentats à Paris: A la une, «Charlie Hebdo» a choisi d'«emmerder» les terroristes

PRESSE «Ils ont les armes, on les emmerde, on a le champagne», s’exclame la une de du journal satirique «Charlie Hebdo», en kiosque ce mercredi…

C.W. avec AFP

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La Une de «Charlie Hebdo» du mercredi 18 novembre 2015
La Une de «Charlie Hebdo» du mercredi 18 novembre 2015 — Capture d'écran Twiter

Une une pétillante. « Ils ont les armes, on les emmerde, on a le champagne » : le dessin de couverture de Charlie Hebdo en kiosque ce mercredi est une réponse directe aux attentats parisiens de la part de la rédaction décimée par une attaque le 7 janvier.

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Du champagne coulant à flots

Un homme, buvant et dansant le corps troué de balles et une bouteille de champagne à la main, fait un pied de nez aux auteurs des attentats qui ont visé des endroits festifs de la capitale. La dessinatrice Coco le représente sur fond rouge, le champagne coulant à flots par les trous laissés par les balles.

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Quelques jours après l’attentat qui avait fait 12 morts au siège de Charlie Hebdo, le journal avait tenu tête aux terroristes en dessinant à nouveau en une le prophète Mahomet qui proclamait « Je suis Charlie », mais sous un titre tendre et inattendu : « Tout est pardonné ».

Des exemplaires du « numéro des survivants » de Charlie Hebdo - Joel Saget AFP

« Déterminés à ne pas céder »

« Du sang et des larmes, prophétisait Churchill. Nous y sommes », écrit aujourd’hui Riss, le rédacteur en chef du journal, dans son édito. « Sans s’en apercevoir, les Parisiens de 2015 sont un peu devenus des Londoniens de 1940, déterminés à ne pas céder, ni à la peur ni à la résignation, quoi qu’il leur arrive sur le coin de la figure », poursuit-il.

L’édito appelle aussi à relancer le débat sur l’islam qui, « depuis une vingtaine d’années, est devenu un champ de bataille où les radicaux veulent exterminer les incroyants et soumettre par la force les modérés ». « Eviter l’écueil de la division ne doit pas nous faire renoncer au droit à critiquer la religion au prétexte que son exercice irrite parfois. Parmi toutes les libertés fondamentales qui font nos vies, c’est aussi cette liberté que les tueurs ont voulu éliminer ce vendredi soir », analyse Riss.