Vice News «éteint» ses sites pour exiger la libération d'un de ses journalistes

MOBILISATION Le fixeur Mohammed Rasool, accusé de travailler pour une organisation terroriste, est emprisonné en Turquie depuis la fin août...

F.R.

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La page d'accueil du site français de Vice telle qu'on pouvait la voir le 21 octobre 2015 entre 16h et 18h.
La page d'accueil du site français de Vice telle qu'on pouvait la voir le 21 octobre 2015 entre 16h et 18h. — www.vice.com

Vice Media s’engage. Ce mercredi, entre 16h et 18h, les quelque cent sites Vice recensés dans le monde – et leurs comptes sur les réseaux sociaux – se sont éteints « pour appeler à la libération du journaliste Mohammed Rasool, emprisonné par le gouvernement turc alors qu’il travaillait pour Vice News il y a près de deux mois », indique le groupe dans un communiqué. En se connectant sur l’un de ces sites, les internautes ne retrouvaient donc pas le contenu habituel mais une page au fond noir imposant et sur laquelle apparaissaient une vidéo de soutien au reporter et un lien renvoyant vers une pétition.

« Sa détention est une immense injustice »

« Le 27 août 2015, le fixeur et journaliste indépendant Mohammed Rasool et ses collègues de Vice, Phil Pendlebury et Jake Hanrahan, ont été arrêtés et emprisonnés par la police turque, accusés d’avoir travaillé pour le compte d’une organisation terroriste », rappelle le communiqué. Pendlebury et Hanrahan, qui réalisaient un reportage sur des affrontements entre une branche du PKK et les autorités turques, ont été libérés au bout de onze jours. Rasool, 25 ans, reste à ce jour détenu dans une prison antiterroriste de haute sécurité. Cet étudiant d’origine kurde est également journaliste indépendant. En tant que fixeur, il a travaillé avec différents médias tels que l’agence de presse AP ou Al Jazeera.

« [Sa détention] est une immense injustice et démontre la nature arbitraire, capricieuse et punitive du système judiciaire turc. Elle rappelle aussi le rôle essentiel de ceux qui sont au service des médias : les fixeurs, les correspondants, les traducteurs et les chauffeurs, qui risquent leur vie pour nous faire accéder à l’information. C’est pourquoi nous devons tous soutenir la cause de Rasool et demander au gouvernement turc de prendre la bonne décision, qui est de retirer toute charge contre Rasool et de le relâcher immédiatement », écrit Joël Simon, le directeur exécutif du Comité de protection pour les journalistes, cité dans le communiqué.