«Le Point» condamné pour diffamation

PRESSE Certains passages d’une enquête parue en avril étaient jugés « diffamatoires » à l’encontre de Yazid Sabeg…

20 Minutes avec AFP

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Illustration, Le Point en kiosque
Illustration, Le Point en kiosque — PIERRE ANDRIEU / AFP

Diffamation ou liberté d'expression? L'hebdomadaire le Point a été condamné jeudi à verser 6.000 euros de dommages et intérêts à l'ancien commissaire à la diversité et à l'égalité des chances, Yazid Sabeg, pour un article jugé en partie diffamatoire. Le tribunal de grande instance de Metz (Moselle), considérant certains passages d'une enquête parue en avril «diffamatoires» à l'encontre de Yazid Sabeg, 63 ans, a aussi condamné un journaliste et le directeur de publication à des amendes.

L'avocat du Point, Renaud Le Gunehec a fait savoir dans la soirée que le journal allait faire appel. Dans l'article, intitulé, «les tribulations d'un business man», le Point évoquait de possibles relations avec l'homme d'affaire Pierre Falcone, condamné dans l'affaire de l'Angolagate, un non-lieu qualifié «d'étrange» et les relations de Yazid Sabeg avec Serge Dassault, député-maire de Corbeil-Essones.

«Ce jugement rétablit M. Sabeg dans ses droits»

Yazid Sabeg avait bénéficié d'un non-lieu dans une affaire d'exportation de matériel non-autorisé vers l'Angola. La journaliste Mélanie Delattre, co-auteur de l'enquête a été condamnée à une amende de 1.500 euros, et le directeur de la publication du magazine, Etienne Gernelle, à une amende de 1.000 euros avec sursis.

Le second journaliste signataire de l'article, Christophe Labbé, n'a lui pas été saisi. En l'absence d'adresse connue, une convocation avait été envoyée à un homonyme. «Ce jugement rétablit M. Sabeg dans ses droits», s'est réjoui Me Antoine Fitante, qui avait, lors de l'audience du 3 septembre, estimé que son client était victime «d'un lynchage médiatique sur le plan national».

Un portrait assassin rempli «d'allégations diffamatoires»

«Il s'agit d'un portrait assassin rempli d'allégations diffamatoires», s'était indigné l'autre avocat de Yazid Sabeg, Me Etienne de Marsigny.

Le tribunal a estimé jeudi qu'outre les passages sur l'Angolagate et les relations du plaignant avec Serge Dassault, le reste de l'article relevait de la liberté d'expression. Il a également ordonné la publication du dispositif de jugement dans les quotidiens Le Monde et le Figaro pour un coût maximal de 12.000 euros. Homme de réseaux d'origine algérienne, M. Sabeg s'était imposé comme un expert des questions de diversité en publiant en 2004 «Les oubliés de l'égalité des chances» pour l'institut Montaigne.