Un journaliste soupçonné de corruption passive

PRESSE Il aurait permis à ses proches d'investir en Bourse en les informant d'une grosse opération financière...

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Il y a les petits cadeaux que certains journalistes s’empressent d’accepter (montres, portables…), les voyages tous frais payés offerts à la presse sans reportage à la clé et, plus rare et généralement cantonné à la presse économique, le délit d’initié. C’est ce dont est suspecté un journaliste de l’hebdo financier Investir. Il aurait permis à ses proches d’investir en Bourse – avec de copieuses plus-values – en les informant d’une grosse opération financière. « C’est scandaleux qu’un journaliste puisse utiliser ses infos pour faire des profits. En France, il manque une muraille de Chine entre les entreprises et les journalistes », déplore Alain Metternich, DG de La Tribune et d’Investir. Ce dernier a justement créé cette année Fideo, une structure chargée d’émettre un code de bonne conduite journalistique. « L’enjeu n’est pas que déontologique. Plus le lecteur saura qu’on est fiable, plus il achètera notre journal. » Aux Etats-Unis, les groupes de presse préfèrent une mesure simple et radicale : interdiction est faite aux journalistes financiers de posséder des actions dans les sociétés sur lesquelles ils écrivent. Une piste à étudier ?