Maïtena Biraben moque les «peine-à-jouir» qui n'aiment pas «Le Grand Journal»

MEDIAS Dans un contexte tendu - le «Grand Journal» en chute libre, Canal+ accusé de censure - la présentatrice était ce jeudi matin l’invitée de «L’instant M» sur France Inter…

A.L.

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Maïtena Biraben prend les commandes du Grand Journal le 7 septembre 2015
Maïtena Biraben prend les commandes du Grand Journal le 7 septembre 2015 — Augustin Détienne/Canal+

Elle ne s’était pas exprimée depuis le lancement de la nouvelle formule du Grand Journal, le 7 septembre dernier. Invitée ce jeudi sur France Inter, Maïtena Biraben a préféré rappeler qu’elle « faisait son job » au cours d’un échange tendu avec Sonia Devillers.

Depuis des semaines, l’audience du Grand Journal s’effondre, la chute est catastrophique, et plus une personne ne semble croire en un sursaut de l’émission phare du clair de Canal +, tandis que le groupe est violemment secoué par la reprise en mains de Vincent Bolloré, accusé de censure.

« Ce n’est pas au Grand Journal que se joue l’indépendance du journalisme »

« Ce n’est pas très facile de travailler dans ce contexte, a concédé la journaliste, mais c’est mon job et je vais le faire. On va continuer de le faire avec de l’envie parce qu’on en a. Il s’agit d’une émission de télévision. Ce n’est pas sur le plateau du Grand Journal que se joue l’indépendance du journalisme. »

« Vincent Bolloré n’est pas dans mon oreillette »

Plébiscitée cet été par Vincent Bolloré pour reprendre les rênes de l’émission qu’elle n’a « jamais voulu présenter », dit-elle en précisant « J’aimais la case, pas le format. Je n’ai jamais intrigué pour avoir le poste », la journaliste franco-suisse est inévitablement associée aux critiques qui entourent la reprise en mains brutale de l’actionnaire majoritaire de Vivendi.

Elle réplique : « Au mieux j’ai Vincent Bolloré dans mon oreillette, au pire j’ai plus de cerveau. Vincent Bollloré n’est pas dans mon oreillette, et j’ai un cerveau (…) Vincent Bolloré ne m’a jamais appelée pour me demander quoi que ce soit dans cette émission, il n’a jamais appelé les producteurs. Il n’intervient pas dans l’éditorial, c’est nous qui décidons de ce que nous faisons ».

«Je suis désolée pour les peine-à-jouir»

Au sujet des accusations du journaliste de Mediapart Fabrice Arfi, qui accuse le Grand Journal d’avoir décommandé son invitation à cause d’un chapitre sur Bolloré, Maïtena Biraben a démenti.

Quant aux rumeurs de déprogrammation, elle dit avoir «le soutien de la direction de Canal+» et lance: «Ils feront bien ce qu'ils veulent. Moi, je fais une émission, j'y vais tous les soirs avec envie. Je suis désolée pour les peine-à-jouir mais on est content de le faire». 

Elle règle ses comptes avec Charline Vanhoenecker 

Maïtena Biraben a conclu particulièrement fermement en interpellant toute la rédaction de France Inter. « Je voulais venir et parler avec vous parce que vous bossez bien, dit-elle à Sonia Devillers, mais aussi parce c’est aussi ici qu’il y a eu les plus grandes expressions de mépris ». Elle cite alors Charline Vanhoenecker qui lors de l’une de ses deux chroniques sur Bolloré avait qualifié Biraben de « domestique ». « C’est la plus grande expression de mépris. Je parle pour tous les salariés de canal et de iTELE : que faut-il faire pour ne pas essuyer votre mépris ? Il faut démissionner ? Nous ne le ferons pas ! »