Quota de chansons françaises: Les radios appellent au harcèlement de Manuel Valls

MUSIQUE Un amendement à la loi sur les quotas de chansons francophones est à l’étude…

Benjamin Chapon
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Manuel Valls en conférence de presse, le 18 juin 2012
Manuel Valls en conférence de presse, le 18 juin 2012 — BORIS HORVAT / AFP

Les radios musicales se battent pour une liberté que personne ne leur conteste. Toujours promptes à crier au loup dès qu’un projet de loi sur les quotas est évoqué, les radios musicales ont lancé ce jeudi 24 septembre une campagne pour défendre leur liberté de diffuser les chansons qu’elles veulent. La plupart des radios privées se sont associées dans une tribune appelant les auditeurs à appeler en masse le standard du Premier ministre Manuel Valls en y laissant pour tout message : « À la radio, j’écoute ce que je veux. »

Parmi les 150 radios signataires de la tribune, NRJ, RTL, Europe 1, Fun Radio ou encore Nostalgie dénoncent un amendement à la loi sur les quotas voté « en catimini » à l’Assemblée nationale dans la nuit de mercredi 16 au jeudi 17 septembre. L’objectif de l’amendement félon serait d’empêcher les radios de diffuser en masse les chansons françaises préférées des auditeurs.

Intox et rumeur

En réalité, l’amendement vise à faire mieux appliquer la loi de 1994 obligeant les radios à diffuser entre 35 % et 60 % de titres francophones. La plupart des radios remplissent cette obligation en ne diffusant que quelques artistes encore et encore. L’amendement vise donc à augmenter le nombre d’artistes diffusés sans que le nombre de passage d’une même chanson ne soit plafonné.

La Sacem, favorable à l’amendement pour plus de diversité à la radio, a dénoncé l’intox du communiqué des radios privées. Mais dans cette guerre de communication, les radios privées sont très mobilisées. Le message appelant à composer le numéro du standard du Premier ministre a ainsi été diffusé à de nombreuses reprises. Une rumeur, non démentie, prétend que certaines radios pourraient même donner le numéro de téléphone portable de Manuel Valls à l’antenne pour accentuer la pression.