Des chiffres et des grèves résonnent aux « Echos »

©2007 20 minutes

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Historique. Les journalistes des Echos ont à nouveau menacé hier le groupe Pearson, proprio du quotidien, de

ne pas sortir le journal, demain. « Bernard Arnault propose une somme irrationnelle pour racheter Les Echos :

25 fois le résultat opérationnel du journal, alors que Murdoch ne lâche « que »

17 fois celui du Wall Street Journal pour racheter ce dernier. Clairement, c'est le prix du pouvoir ! », lâche un responsable de la Société des journalistes. Sous-entendu, le patron de LVMH ne met pas 240 millions d'euros sur la table pour acheter un journal avec lequel il n'entretiendra aucun lien. Selon certains, c'est lui qui aurait écarté les idées proposées mardi par les journalistes pour préserver l'indépendance du quotidien économique. Or, le risque de conflits d'intérêt est réel : en un an, Les Echos ont consacré 215 articles à LVMH, 129 à Bernard Arnault, et 223 au groupe de son rival en affaires François Pinault, selon Renaud Czarnès, mem­bre du bureau de la SDJ. D'où son inquiétude : « Un journal automobile appartenant à Peugeot serait-il crédible s'il critiquait les modèles de ses concurrents ? »