«L'Express»: La SDJ dénonce la stratégie du «fossoyeur» Drahi, «suicidaire»

PRESSE Réduction du nombre de journalistes, baisse brutale des budgets, la SDJ souligne une dégradation de la qualité du journal...

A.D. avec AFP
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Patrick Drahi, troisième fortune de France selon Forbes Magazine
Patrick Drahi, troisième fortune de France selon Forbes Magazine — Thibault Camus/AP/SIPA

La Société des journalistes (SDJ) du magazine L'Express a dénoncé mardi la stratégie «suicidaire» du nouveau propriétaire du titre, Patrick Drahi, soulignant une dégradation de la qualité du journal depuis sa prise de contrôle, finalisée cet été.

Appel à la mémoire des fondateurs, Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud

«Les journalistes de L'Express dénoncent la dégradation rapide de la qualité du journal, constatée depuis votre prise de contrôle de titre», selon un communiquéde la SDJ, appelant à la mémoire des fondateurs du journal, Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud.

Une coutume à L'Express, puisque dans les couloirs de la rédaction, lorsque quelque chose ne va pas, les journalistes plaisantent en disant : «En voyant ceci, JJSS et Françoise Giroud doivent retournent dans leur tombe ! ».

«Cette stratégie de destruction de valeur»

«A l'heure où Altice Media se prépare à mettre en oeuvre un plan massif de licenciements (...), nous vous demandons solennellement de renoncer à cette stratégie de destruction de valeur, suicidaire pour notre titre», écrit la SDJ.

Quelque 150 emplois sont menacés par un plan social au sein du groupe de presse magazine Express-Roularta, dont le nouveau propriétaire, le groupe Altice de l'homme d'affaires Patrick Drahi, veut redresser les comptes via une profonde réorganisation.

Par ailleurs, «quelque 115 départs» volontaires de journalistes ont déjà été conclus dans le cadre de la clause de cession, également en cours, selon une source interne.

La SDJ critique les pratiques du nouveau propriétaire: une «réduction du nombre de journalistes», une «baisse brutale des budgets, une désorganisation de la rédaction» et «un non-paiement systématique de fournisseurs (agences photo, pigistes, illustrateurs)».

«Dans quel but avez-vous acquis le premier newsmagazine de la presse française? Avez-vous l'intention d'en être le fossoyeur? (...) Nous sommes prêts à engager toutes les actions propres à éviter ce désastre», promet la SDJ.