Minc ne veut pas se laisser débarquer du «Monde»

MEDIAS C'est la guerre...

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Alain Minc a annoncé mardi dans la Tribune qu'il allait démissionner du conseil d'administration de Vinci, à la suite du rachat de 5% du groupe de BTP par l'homme d'affaires François Pinault, dont il est conseiller.
Alain Minc a annoncé mardi dans la Tribune qu'il allait démissionner du conseil d'administration de Vinci, à la suite du rachat de 5% du groupe de BTP par l'homme d'affaires François Pinault, dont il est conseiller. — Jack Guez AFP/Archives

La crise continue au «Monde». Alain Minc est passé en force jeudi pour rester président du conseil de surveillance du groupe, alors qu’il n’a pas obtenu les onze voix requises pour le renouvellement de son mandat (dix voix en sa faveur des administrateurs externes, mais sept administrateurs internes ont voté contre et trois se sont abstenus).

Un putsch...

Les représentants des personnels crient au scandale: pour eux, Alain Minc n'est pas élu. Selon Jean-Michel Dumay, président de la Société des rédacteurs du Monde (SRM), cette élection est une «pantalonnade». Minc, lui, se dit prêt à aller en justice. «S'ils veulent contester mon élection au conseil des LMPA (Le Monde partenaires et associés, ndrl), il n'y a aucun problème, on ira chez la présidente du tribunal de commerce. Ce n'est pas obscène de faire trancher un conflit juridique au tribunal de commerce».

Et un otage...

En attendant, la situation s’embourbe: Pierre Jeantet, qui devait être élu président du groupe «Le Monde» jeudi lors de ce même conseil, n’a pu l’être puisque la séance a été interrompue par le coup de Minc. Celui-ci a proposé une nouvelle réunion, «à tout moment», qui «prendra deux minutes pour élire Pierre Jeantet». Or la SRM refuse de participer à un nouveau conseil présidé par Alain Minc.

«Si M. Jeantet n'est pas élu avant le 30 au soir, ou disons après le week-end, je serai obligé dans ma responsabilité de demander une nomination d'un administrateur judiciaire», a déclaré Minc. «Chantage pur et simple», répond Jean-Michel Dumay. «Nous allons trouver une solution qui permette à la fois la nomination de Pierre Jeantet et ne nous fasse pas revenir sur le fait que nous considérons comme illégitime l'élection d'Alain Minc».