Des «Heroes» au défi du haut débit

©2007 20 minutes

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TF1 en mettrait son antenne à couper : la série «Heroes», qu'elle diffuse samedi soir, sera le carton de l'année. Pas pour l'originalité de son intrigue : le feuilleton raconte le destin d'humains qui doivent sauver le monde. Mais parce qu'avec 3 millions de pages françaises déjà recensées sur Google, elle est précédée d'un buzz tsuna­mies­que.


Et «Heroes » a tout de la série high-tech. De l'aveu même de Pascal Lechevallier, directeur de TF1 Vision, plate-forme de vidéos à la demande de la Une, «"He­roes" est la série la plus piratée de l'histoire d'Internet avec des dizaines de millions de téléchargements». La chaîne espère tout de même vendre «des centaines de milliers d'épisodes - proposés à 1,99 € dès minuit le soir de leur diffusion -, grâce aux plus-values de la légalité et de la qua­lité».

Il faut dire qu'«Heroes» a de quoi séduire l'internaute : la série est remplie de clins d'oeil à la culture geek, celles des binoclards férus de PC 100 % connectés et de cul­ture BD. Le coscénariste Joseph Loeb a carrément écrit pour des comics comme X-Men : dès l'épisode 1, Hiro, employé de bureau ja­ponais fan de superhéros, voyage dans le temps puis prévoit l'avenir grâce à un album de BD magique. Geek à souhait ! «Dès le départ, j'ai voulu inclure le Web dans l'histoire», ajoute son créateur Tim Kring dans le magazine Wired. A la fin de la saison 1, une «hero» féminine capable de pénétrer physiquement la Toile fait son apparition.

Clou du technoïde? L'an prochain, l'internaute américain choisira sur le Web parmi les personnages de «Heroes : origins», série dérivée de NBC, celui qui aura le droit d'intégrer la série mère en 2009. Ces con­nexions à très haut débit n'ont rien d'un hobby secondaire. «Il faut aller chercher les gens avec d'autres mo­yens» puisqu'ils délaissent la télé pour Internet, souffle Kring dans Wired.

NBC a insufflé à «Heroes» le même canevas de départ que «Lost», série à succès de sa concurrente ABC : prenez une douzaine de personnages principaux, et ajoutez-y une touche de surnaturel.