La dure vie d'animateur éloigné des projecteurs

MEDIAS Exit Patrick Sabatier et autres Christian Morin...

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Exit Patrick Sabatier et autres Christian Morin. Après avoir squatté le salon de millions de Français, certains animateurs ont appris à se faire plus discrets. Et lancé de nouvelles carrières.

Le rebond hors caméra

Pen­dant cinq ans, Chris­tian Mo­rin a animé la « Roue de la fortune ». Mais à 47 ans, le déjà clarinettiste se retrouve sacrifié en 1992 sur l’autel du rajeunissement voulu par TF1. Qu’im­porte ! Il devient Beaumar­chais sur les planches. Et peut souffler tranquillement dans l’ins­trument, ces mercredi et jeudi, au caveau de la Huchette (Paris, 5e).

«Je me suis éclaté pendant dix ans en direct, mais je n’ai pas forcément envie de revenir à l’écran», jure Pascal Brunner, de feu «Fa Si La Chanter» (France 3). Mal­gré son éviction en 1997 aux lendemains du 7 d’Or – « a nouvelle directrice ne m’aimait pas» – et après un court retour en 1999, il enchaîne «sans amertume» les imitations sur scène. Avec quelques projecteurs et des millions d’oreilles en moins.

L’âpre lutte pour revenir

Tragédie que le destin de Philippe Risoli, le populaire lanceur de micro du «Mil­lionnaire» et du «Juste Prix». Son Cuitas les bananas, chanson à texte («T’as les boules, pas la frite/Elles sont cuitas les bananas/Découpées en dos, les patatos ») lui fut fatal en 2001. Mais sa faim de caméras le pousse dans «La Ferme 2». Ce qui ne l’aidera pas à revenir, même sur Direct 8, malgré les rumeurs.

Autre exilé forcé : Olivier Chiabodo. Pour trois doigts trop tricheurs sur «Inter­villes» en 1997, l’ancien médecin devenu arbitre est licencié de France 3. Après l’échec de son projet de télé écolo Noé, il se refait une santé derrière la caméra : il vient de prendre la direction de l’antenne de Jet, chaîne 100 % jeux de TF1.

L’asile sur le câble

Alexandre Debanne sur AB Moteurs et Equidia ; Patrice Laffont, ex-des «Chiffres et des lettres», sur Direct 8 pour du poker... Oubliées certaines grandes ambitions. «On me reconnaît moins dans la rue, et alors ?», s’amuse Olivier Mazerolle, ex-directeur de l’info de France 2 et homme-tronc de BFM TV depuis la bourde de Pu­jadas sur Juppé. «Ici, la liberté de ton est plus grande. Je peux personnaliser mon JT, avec moins de faits div’ et plus d’international. Non vraiment, tout va bien !» Hors du circuit hertzien, la vie continue