Pas d'«Echos» mercredi

Alice Antheaume

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Mercredi, les salariés des «Echos» seront en grève. Il n'y aura donc ni journal ni site Internet disponible pour les lecteurs.

Les salariés des «Echos» protestent contre l'éventuel rachat du quotidien économique, en vente depuis jeudi, par Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH et déjà propriétaire du journal «La Tribune», autre titre économique.

«Les Echos», rare titre de la presse française à être bénéficiaire (11,5 millions d'euros de bénéfices pour un chiffre d'affaires de 122 millions d'euros), appartient depuis 19 ans au groupe britannique Pearson (qui détient aussi le «Financial Times»).

Jointe par 20 minutes, la SDJ du journal précise: «Nous voudrions un acheteur respectueux de notre indépendance éditoriale. “Les Echos” est un outil de travail pour les entreprises, pour les aider à prendre des décisions économiques. Il faut donc que les informations soient absolument fiables. Etre racheté par Bernard Arnault alors qu'on écrit sur LVMH, c'est une situation que l'on ne souhaite pas». Sans compter que le télescopage de deux quotidiens économiques «Les Echos» et «La Tribune» peut faire craindre une fusion des deux titres, à terme.

Les salariés de «La Tribune» viennent d'ailleurs de manifester eux aussi leur «inquiétude» sur les conséquences que pourrait avoir un tel rachat et déclarent rester mobilisés. Dans un communiqué signé par les journalistes de «La Tribune», ceux-ci «rappellent que tout risque pesant sur un organe de presse est une menace pour la qualité et le pluralisme de l’information.»