Congé d’été ou clap de fin pour «Arrêt sur Images»?

TELEVISION Remue-ménage annuel autour de la reconduction de l'émission...

Raphaëlle Baillot

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A bientôt, «ici ou ailleurs». Vendredi à Vanves, dans les locaux de Riff Productions, Daniel Schneidermann conclut par ces mots l’enregistrement du dernier «Arrêt sur Images».
Dernier «ASI» de la saison, ou dernier «ASI» tout court? D’après le journaliste, la direction de France Télévisions a promis de rendre lundi son verdict sur l’avenir de l’émission dominicale de décryptage des médias de France 5.

Au revoir ou adieu?


Certes, la question de la reconduction du magazine revient chaque année, aussi régulière qu’un marronnier sur les francs-maçons dans les colonnes du Point. Mais cette fois, les équipes d’«Arrêts sur Image» n’ont pas été fixées sur leur sort avant la fin de la saison. «Pour la première fois, je ne savais pas si je devais dire au revoir ou adieu aux téléspectateurs» glisse Schneidermann dans la loge de démaquillage.

ASI n'est pas un cas isolé

Une version des faits contestée par la direction de France 5. «Mais nous étions exactement dans le même cas de figure l’année dernière! s’insurge Philippe Vilamitjana, directeur de l’antenne et des programmes de la chaîne. J’ai dit à tous les producteurs de France 5 que les arbitrages pour l’année prochaine seraient rendus entre le 15 juin et le 15 juillet. Daniel aime bien agiter la sphère médiatique parce qu’il est plus inquiet pour lui que pour ses petits camarades. Je le comprends, mais il est logé à la même enseigne que tout le monde».

En tous cas, fidèle à sa réputation d’enquiquineur patenté, «Schneid» invite depuis ce matin les lecteurs de son blog à interpeller Patrick de Carolis, président de France Télévisions, lors de son déplacement au Salon de la Télévision, porte de Versailles. Peine perdue : M. de Carolis ne se rendra pas au raout grand public sur la télé d’Emmanuel Chain «pour cause d’emploi du temps trop chargé» nous fait savoir France Télévisions.

Et après?

Que deviendraient les petits soldats d’«ASI» en cas de coupure définitive de l’image et du son? Au pot qui succède vendredi à la mise en boîte de la dernière, tous ne parlent que de «ça». Le chroniqueur David Abiker semble déjà tout au lancement de son agence de conseil en management, «Mon Œil», et rêve de «cours magistraux» sur la télé un verre de vin à la main : «tu prends n’importe quel JT, tu fais des pauses dès qu’il y a quelque chose à décrypter, je t’assure, tu en as pour trois heures !».

Maja Neskovic, autre chroniqueuse, est dans l’expectative : «mon pressentiment change toutes les heures, hier je croyais dur comme fer à notre reconduction, aujourd’hui moins, mais ça changera dans une demi-heure !» sourit-elle devant la caméra de Guy Birenbaum, «étonné qu’aucune télé n’ait fait le déplacement». Chef Schneidermann, lui, se dit «confiant»pour 2007/2008. «Sinon, ça se serait passé autrement, mes supérieurs m’auraient dit de retoucher la formule pendant l’année !».

Côté audiences, «ASI» ne démérite pas. Au bout de 12 saisons, le magazine tourne toujours autour de 7 % de parts de marché , soit un score honorable pour France 5 à cet horaire de 12h30. Restent ces mots, « à bientôt, ici ou ailleurs». «ASI» trouverait-elle sa place sous d’autres cieux que ceux de France Télévisions? «Une émission où la télé se regarde et se critique est intrinsèquement inséparable du service public», conclut Schneidermann.