«Guignols de l'info»: Vincent Bolloré, un milliardaire aux multiples affaires

MEDIAS Le magnat breton n’en est pas à sa première polémique politico-médiatique…

Philippe Berry

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Nicolas Sarkozy et Vincent Bolloré, en 2008, au 10e anniversaire de la fondation Fondation de la 2ème Chance.
Nicolas Sarkozy et Vincent Bolloré, en 2008, au 10e anniversaire de la fondation Fondation de la 2ème Chance. — B.TESSIER/POOL/AFP

Capitaine d’industrie, raider boursier, homme de médias… Vincent Bolloré cumule les casquettes. A tel point que l’homme qui voudrait la tête des Guignols – selon plusieurs médias, pour satisfaire son « ami » Nicolas Sarkozy d'après L'Obs – opère parfois en eaux troubles. Pour l’instant, sans jamais couler.

Bolloré et les politiques

Mai 2007. Il met à disposition de Nicolas Sarkozy un jet privé du groupe Bolloré et son yacht pour des vacances à Malte. L’épisode provoque un tollé politique, la gauche s’indigne des excès d’un président « bling-bling » mais personne n’a enfreint la loi : Bolloré a payé de sa poche pour « son ami de 20 ans », Nicolas Sarkozy. Sauf que selon Le Monde, le rapprochement est bien plus récent et aurait été piloté par Gérard Longuet, conseiller politique de Sarkozy et ancien beau-frère de Bolloré.

La relation entre la 11e fortune française et l’ancien président intéresse toutefois la justice. Selon des informations de l’Express, le juge Tournaire a ouvert, en octobre 2014, une information judiciaire pour trafic d’influence et corruption à l’encontre de Bolloré. L’industriel Jacques Dupuydauby, récemment condamné en Espagne dans une guerre judiciaire l’opposant à Vincent Bolloré, affirme que le magnat a bénéficié de concessions portuaires en Afrique grâce à une intervention de Nicolas Sarkozy. Dupuydauby accuse encore Bolloré d’avoir joué un rôle dans le financement supposé de la campagne de Sarkozy par le régime libyen de Kadhafi en 2007, une affaire dans laquelle le fils de Claude Guéant a récemment été placé en garde à vue.

Vincent Bolloré ne drague pas que la droite. Ces dernières années, il s’est rapproché du PS. Après avoir décroché le contrat Autolib' à Paris, il chante les louanges de Bertrand Delanoë et soutient Anne Hidalgo. En septembre 2013, François Hollande inaugure une usine de fabrication de batteries pour voitures électriques du groupe Bolloré et salue « l’audace » et le « talent » du dirigeant.

Bolloré et les médias

Du business familial du papier à rouler OCB (Odet-Cascadec-Bolloré) jusqu’à devenir actionnaire n°1 de Vivendi, propriétaire du groupe Canal +, Vincent Bolloré a parcouru un sacré chemin. Il s’est d’abord concentré sur les transports, la logistique et l’énergie, avant de réussir quelques coups éclair en investissant dans Bouygues puis Pathé.

Au cours des années 2000, il s’intéresse aux médias. Il prend notamment le contrôle du groupe de communication Havas puis lance une chaîne de télévision sur la TNT, Direct 8, et deux quotidiens gratuits, Direct Matin et (feu) Direct Soir. Il y brouille parfois les lignes entre journalisme et publicité, notamment sur Autolib'. En 2008, l’annulation d’une émission Sarkozy et les femmes à la dernière seconde est dénoncée comme « de la censure » par le PS. Rangera-t-il les marionnettes presque trentenaires de Canal + au placard ? On devrait être fixé dans la journée après la réunion des actionnaires.