«Charlie Hebdo»: Il y a «quelque chose d'horriblement comique dans ces deux tueurs» selon Philippe Lançon

MEDIAS Grièvement blessé à la machoire, Philippe Lançon s'exprime pour la première fois depuis l'attentat du 7 janvier...

C.W. avec AFP
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Un site de construction tagué "Charlie Hebdo" à Rennes le 6 mars 2015
Un site de construction tagué "Charlie Hebdo" à Rennes le 6 mars 2015 — Damien Meyer AFP

Philippe Lançon ne s’était pas exprimé depuis le 7 janvier dernier. Grièvement blessé à la mâchoire lors de l’attaque terroriste de Charlie Hebdo, le journaliste, qui a depuis subi treize opérations, est revenu sur cette journée dramatique pour la première fois aujourd’hui.

De l’ordre de « l’horriblement comique »

C’est au micro de France Inter ce lundi matin, que Philippe Lançon, présent lors de la tragique conférence de rédaction du 7 janvier, a fait part de son incompréhension. Le chroniqueur a expliqué ne pas encore pouvoir « penser la scène des deux frères Kouachi faisant irruption dans les locaux du journal satirique « comme quelque chose de sérieux ». S'il voit cet attentat comme une tragédie pour ses amis, il confie que pour lui « il reste quelque chose qui est de l’ordre du comique, d’horriblement comique dans ces deux tueurs qui viennent là et qui assassinent des dessinateurs qui étaient des artistes, qui viennent en finir avec le rire ».

« Agacé par le mépris »

Si le journaliste avoue avoir encore besoin de temps pour « penser politiquement la situation », il reconnaît avoir été choqué par certains propos, dont ceux d’Emmanuel Todd qui a remis en cause « l’esprit du 11 janvier » et la mobilisation ayant suivi le drame. « Ce qui m’a le plus agacé, c’est le mépris que je sentais pour les gens qui avaient été, je crois pour la plupart, sincèrement horrifiés par cet événement », a déclaré Philippe Lançon. Le journaliste a également ajouté avoir vu dans ces propos « une prime à la pensée pour la violence, une sorte de justification sous-jacente à l’acte qui avait été commis en faisant des frères Kouachi les représentants d’un peuple, d’une population ou d’une communauté opprimée. Et ça, je ne peux pas l’admettre ».