Espionnage de la NSA: «Libération» et «Mediapart» promettent d’autres révélations

MEDIAS Les deux médias qui ont révélé mercredi matin que l’Elysée était écoutée par la NSA ont annoncé la publication prochaine d'autres documents... 

Annabelle Laurent

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La Une de Libération et la Une du site Médiapart, le 24 juin 2015.
La Une de Libération et la Une du site Médiapart, le 24 juin 2015. — Libération/Médiapart

Si les documents de Wikileaks ne dévoilent en eux-mêmes rien de fracassant, c’est la première fois qu’un média – en l’occurrence Libération [le dossier est ] et Mediapart - apporte la preuve formelle que la NSA a écouté des chefs d’Etat.

Alors que l’opération « s’est nouée assez rapidement », explique à 20 Minutes François Bonnet, directeur éditorial de Mediapart, d’autres révélations devraient suivre très vite, à en croire les deux directeurs Johan Hufnagel et Edwy Plenel, invités des radios ce mercredi matin.

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Des prochaines révélations autour de la campagne de 2012 

Ce que les documents montrent, c’est « le systématisme, le caractère industriel. C’est la République française qui est systématiquement mise sur écoute par son prétendu allié », a expliqué ce mercredi matin le directeur de la rédaction de Mediapart Edwy Plenel au micro de RMC et BFM, annonçant que « les prochains documents que nous allons révéler vont montrer encore plus ce systématisme ». Le systématisme des écoutes « autour notamment de la campagne présidentielle de 2012 », a-t-il encore précisé.

D’autres révélations dans Libération également ? C’est « fort possible, oui », a confié sur Europe 1 Johan Hufnagel, directeur délégué de Libération. Bien que « pas mal de documents restent à valider ». Les prochains documents montreront « comment ça fonctionne de façon un peu plus précise, et pas forcément plus fracassante. Mais sur la méthode, on risque d’avoir des surprises », précisait-il ensuite sur LCI.

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Contactés directement par Wikileaks 

Si ces deux médias ont publié les documents, c’est que Wikileaks s’est directement tourné vers eux. « Wikileaks nous a contactés pour nous demander si on pouvait collaborer à la publication des documents qu’ils ont obtenus », a expliqué sur LCI Johan Hufnagel, en précisant ne pas connaître précisément « la date de leur obtention par Wikileaks ».

« C’est la suite de contacts très réguliers entre Mediapart et Wikileaks », explique à 20 Minutes François Bonnet, directeur éditorial de Mediapart, qui rappelle : « On était allé voir Julian Assange bien avant qu’il ne se réfugie à l’ambassade équatorienne de Londres en 2012, et 2-3 personnes sont depuis chez nous en contact régulier avec lui ».

Au sujet des documents à venir, dont certains sont « plus complexes », Mediapart et Libération veulent « se donner le temps et la place pour bien les exploiter », ajoute François Bonnet, qui tient à rappeler combien « ce qu’on ne mesure pas, c’est la pression ahurissante mise sur Assange et son entourage. Ils vivent un enfer. »