Dénoncée comme liberticide, la directive «secret des affaires» adoptée en commission

MEDIAS L'adoption ce mardi de la directive par la commission des Affaires juridiques du Parlement européen ouvre la voie à son adoption en plénière dans les prochains mois... 

20 Minutes avec AFP

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Elise Lucet et le collectif Informer n'est pas un délit, le 15 juin 2015, à Paris.
Elise Lucet et le collectif Informer n'est pas un délit, le 15 juin 2015, à Paris. — J. Metreau / 20 Minutes

La directive contestée passe un premier test au Parlement. La commission des Affaires juridiques du Parlement européen l'a adoptée par 19 voix pour, deux contre et trois abstentions, ouvrant la voie à son adoption en plénière dans les prochains mois. 

Destinée à lutter contre l'espionnage industriel, la directive est dénoncée comme liberticide par ses opposants, en particulier en France.

Lire les propos d'Elise Lucet, à l'origine de la pétition contre la directive

«Les journalistes seront exemptés de l'application des mesures»

«Aujourd'hui, nous avons posé la première pierre d'un socle juridique européen commun pour lutter contre l'espionnage industriel et protéger l'innovation, tout en préservant les libertés fondamentales, au premier rang desquelles la liberté d'expression et d'information», s'est réjouie l'eurodéputée française Constance Le Grip (PPE, droite) dans un communiqué. 

«Nous écrivons clairement que les journalistes seront exemptés de l'application des mesures (...) dans le cadre de leur activité professionnelle» et que «les sources auront la possibilité de bénéficier de la même exemption», souligne Constance Le Grip.

Mais les opposants au texte dénoncent le fait que cette possibilité restera une exception.

Les Verts votent contre une directive «liberticide»

Le groupe des Verts au Parlement européen a dénoncé une directive «liberticide» et ses élus ont voté contre.

«Ce texte reste dangereux pour les libertés fondamentales», a dénoncé dans un communiqué l'eurodéputé vert Pascal Durand, membre de la commission juridique du Parlement européen. «Après les scandales de la NSA et du Luxleaks, loin d'aider les lanceurs d'alerte, il contribuera à faire peser la responsabilité de la preuve sur celles et ceux qui ont le courage de dénoncer des activités illicites ou illégitimes, plutôt que ceux qui en sont les auteurs» déplore-t-il.

La pétition dépasse les 310.000 signataires ce mardi midi

Une pétition européenne lancée par la journaliste Elise Lucet et demandant la suppression de cette directive a recueilli 270.000 signatures en 10 jours, dont 240.000 en France, avaient indiqué lundi les organisateurs. Elle dépasse les 310.000 signataires ce mardi midi.