Il est interdit de critiquer la police française

CENSURE Vincent Bolloré a empêché la publication d'un article dans «Matin Plus»...

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Une fillette de 6 ans a été enlevée à sa mère samedi au commissariat d'Albi, pour être remise à son père, un Français vivant à Montréal, sur réquisition du procureur de la République d'Albi (Tarn) dans le cadre d'une procédure judiciaire engagée au Canada.
Une fillette de 6 ans a été enlevée à sa mère samedi au commissariat d'Albi, pour être remise à son père, un Français vivant à Montréal, sur réquisition du procureur de la République d'Albi (Tarn) dans le cadre d'une procédure judiciaire engagée au Canada. — Jacques Demarthon AFP/Archives

Nouveau cas de censure contre la presse française? Vincent Bolloré, le richissime propriétaire du quotidien gratuit «Matin Plus» (qui acueille des articles du «Monde» et de «Courrier international») a refusé la publication d’un article de «Courrier international». Le texte relatait les soucis de musiciens hongrois avec la police, à l’aéroport parisien de Roissy. C’est ce qu’annonce, samedi matin, le site internet Rue89.

Motif, selon le site: «“On ne peut pas parler de la sorte de la police française!” Une injonction qu'aurait intimée Vincent Bolloré en personne», comme le raconte Alexandre Lévy, chef du service Europe de l’Est de l’hebdomadaire, sur son blog.

«Indépendance éditoriale»

Jointe vendredi par Rue89, la direction de la rédaction de «Matin Plus» n’avait toujours rappelé, samedi matin.

L'intersyndicale de «Courrier International», elle, a demandé dans un communiqué à la direction de l'hebdomadaire et à celle du groupe Le Monde (propriétaire de l’hebdo) de «faire respecter la liberté d'expression et l'indépendance éditoriale, correspondant aux principes de la profession, du groupe et du titre», ajoute Rue89.

Censure au JDD

«D’après ce que m’ont dit mes sources à l’intérieur du gratuit, il ne sera pas publié, a précisé Alexandre Lévy à Rue89. C’est Vincent Bolloré lui-même qui aurait pris cette décision. Les responsables du Monde et de Courrier International sont visiblement très gênés. Je suis vraiment très étonné, j’avais beaucoup de mal à imaginer cela.»

Vincent Bolloré n’est pas le premier magnat de la presse à faire pression sur une rédaction parisienne. Après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, Arnaud Lagardère, propriétaire du «Journal du Dimanche» avait exigé qu’un article sur Cécilia Sarkozy soit retiré du quotidien dominical.