«Charlie Hebdo» : Luz confirme qu'il quittera le journal en septembre

PRESSE Le dessinateur de l’hebdomadaire satirique justifie sa décision longuement mûrie dans un entretien à « Libération »…

A.L.

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Luz, auteur de la Une controversée du numéro de Charlie Hebdo, le 15 janvier 2015 au cimetière Montparnasse
Luz, auteur de la Une controversée du numéro de Charlie Hebdo, le 15 janvier 2015 au cimetière Montparnasse — Francois Guillot AFP

« Je ne serai plus Charlie Hebdo mais je serai toujours Charlie ». Dans une interview à Libération, en une du journal ce mardi, et dont des extraits ont été publiés en ligne ce lundi soir, Luz confirme son départ de l’hebdomadaire satirique, pour la rentrée prochaine. Une enquête publiée sur Mediapart ce samedi avait annoncé que le dessinateur, « n’en pouvant plus », prévoyait son départ pour septembre.

Ne plus travailler sur l’actualité

« C’est un choix très personnel », explique Luz, qui dit vouloir avec ce départ « garder le plus possible la maîtrise de [sa] vie ». « Il faut pouvoir regarder le puzzle qui est par terre, pour retrouver un peu ses propres débris au milieu des débris », dit-il, exprimant sa frustration que la nouvelle de son départ ait fuité.

S’il est tentant de lier sa décision à la dernière difficulté en date de l’hebdomadaire, la sanction, finalement levée, de la collaboratrice Zineb El Rhazoui, Luz est pourtant formel : « Ce n’est pas ça. Si je me barre, c’est que c’est difficile pour moi de travailler sur l’actualité. » Sa décision date « d’il y a longtemps ».

« Chaque bouclage est une torture »

Le dessinateur n’arrive plus à suivre le rythme de reprise, qu’il a subi, « par solidarité, pour laisser tomber personne ». « Sauf qu’à un moment donné, ça a été trop lourd à porter. Il n’y avait plus grand-monde pour dessiner : je me suis retrouvé à faire trois unes sur quatre. Chaque bouclage est une torture parce que les autres ne sont plus là. »

Le « retour à la vie normale de dessinateur de presse » ne l’intéresse plus, pour l’instant. Quand aux attaques de Jeannette Bougrab, qui lui reproche notamment d’avoir renoncé à caricaturer le prophète Mahomet : « Je n’ai pas envie de répondre à Bougrab, je m’en branle de cette conne. »

« Catharsis »

Ce jeudi paraît en librairie Catharsis, un album très personnel dans lequel il raconte, en une série de petites nouvelles en bande dessinée, son quotidien depuis le carnage du 7 janvier. Un album dont la fabrication soulageait ses angoisses et qui lui faisait dire la nuit : « Prends ce blanc, cette plume, tout est possible ».