«Charlie Hebdo»: Riss tente de faire taire les polémiques

MÉDIAS Le directeur de l'hebdomadaire évoque la crise au sein du journal et dément tout problème avec Zinel El Rhazoui...

Dolores Bakela

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Laurent Sourisseau, alias Riss, nouveau patron de Charlie Hebdo, le 24 février 2015 à Paris
Laurent Sourisseau, alias Riss, nouveau patron de Charlie Hebdo, le 24 février 2015 à Paris — Bertrand Guay AFP

Riss, le directeur de Charlie Hebdo revient ce lundi dans Le Monde sur le climat de tension qui règnerait au sein du journal. Le point d'orgue a été atteint ces derniers jours avec la polémique autour de Zineb El Rhazoui, la collaboratrice qui avait reçu une lettre d'entretien préalable à un licenciement.

«Elle n’assure pas les obligations de son contrat de travail de façon satisfaisante. Cela pose des problèmes concrets au fonctionnement de la rédaction. Des remarques lui ont été faites. J’en ai eu marre. J’ai demandé à notre avocat quoi faire. J’espère que le courrier envoyé remettra les choses sur les rails», explique-t-il. La procédure abandonnée depuis s'est muée en un «courrier de rappel de ses obligations», tels que «sa présence aux conférences de rédaction ou des délais de rendu de ses articles», pointe Riss, qui affirme n'avoir rien contre Zineb El Rhazoui.

Une rédaction en pleine reconstruction

«Avant le 7 janvier, c’était pareil: elle écoutait peu les remarques. C’est vrai que la solennité du courrier confère une gravité. Mais on n’a pas envie de virer des gens. Si on en arrive à ce genre de procédures, à Charlie (...) c’est qu’il y a quelque chose», dit encore Riss avant de minimiser l'affaire en prenant son propre exemple, lui qui a fait l'objet d’une rare «mise à pied» pour «des conneries». Ce qui compte pour le journaliste, réputé raide: «faire ensemble un bon journal chaque semaine».

Un nouveau site Web est en préparation. Suite à une réunion il y a deux semaines sur l’avenir du journal, «ils voulaient tous la même chose». Pour Riss, la confiance est là, même si la rédaction reste «hantée par le 7 janvier». De même, sur la fronde des salariés réclamant  l’adoption d’une forme coopérative, Riss, actionnaire à 40% avec Eric Portheault détenant 20%, se veut rassurant et sait qu'ils ne pourront "pas rester à seulement deux actionnaires. Il y aura une ouverture du capital ». Les pistes seraient l’ouverture du capital à certains membres de l’équipe ou à une société qui représenterait les salariés. Rien cependant sur le départ de Luz, prévu pour la rentrée, comme la relatait un article de Mediapart publié samedi