Charlie Hebdo: Zineb El Rhazoui reste, Luz sur le départ?

CHARLIE HEBDO Selon «Mediapart», le dessinateur quitterait la rédaction en septembre...

Dolores Bakela

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French cartoonist Luz arrives to attend a meeting gathering editorial staff of French satirical weekly newspaper Charlie Hebdo and Liberation, on January 9, 2015 in Paris, after a deadly attack that occurred on January 7 by armed gunmen on the Paris offices of Charlie Hebdo. Two brothers suspected of slaughtering 12 people in the attack held one person hostage Friday as police cornered the gunmen northeast of the capital. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY
French cartoonist Luz arrives to attend a meeting gathering editorial staff of French satirical weekly newspaper Charlie Hebdo and Liberation, on January 9, 2015 in Paris, after a deadly attack that occurred on January 7 by armed gunmen on the Paris offices of Charlie Hebdo. Two brothers suspected of slaughtering 12 people in the attack held one person hostage Friday as police cornered the gunmen northeast of the capital. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY — BERTRAND GUAY/AFP

Rentrée 2015, Luz ne sera plus Charlie. C'est en tout cas ce qu'affirme Michel Deléan, dans son enquête publiée sur Mediapart ce samedi. Le dessinateur sort son livre Catharsis et tenait à expliquer comment il avait retrouvé le goût de dessiner après les terribles attentats du 7 janvier. Il aurait confié à «des sources internes à la rédaction qu’il n’en pouvait plus», et «a annoncé son départ pour septembre», affirme le site. Cela coïnciderait avec le déménagement de la rédaction vers ses nouveaux locaux, l'équipe du journal satirique étant actuellement installée dans ceux du quotidien Libération. 

Un management autocratique

Cette annonce survient dans un climat difficile pour le journal, que la journaliste Raphaëlle Bacqué avait décrit dès le mois de février dans un article pour le Monde. La répartition du capital du journal, aux mains de Riss (40 %) et du directeur financier Éric Portheault (20 %), -les 40% restants appartenaient à Charb, dont les parents sont héritiers- est inégalitaire pour certains salariés, comme Patrick Pelloux. Il les décrit comme «deux personnes qui disposent de tout le pouvoir, dirigent d’une main de fer et ne veulent rien entendre.» L'urgentiste, au sein du collectif Charlie milite pour la mise en place d’un actionnariat coopératif où chacun aurait sa part, «en s’inspirant des modèles du Canard Enchaîné ou de Mediapart».

Sanction levée pour Zineb El Rhazoui

Si certains y voient l'attrait du gain, l'article rappelle que ce type de demande avait déjà été lancée en 2010. De plus, les plaies ouvertes par ces tueries restent ouvertes. «Il reste difficile de rire quand tout porte à pleurer» affirme le rédacteur en chef Gérard Biard. L'équipe est «en souffrance», la situation interne est qualifiée d' «explosive», et la relève des disparus n’est pas encore là, on ne naît pas Charb, Cabu ou Wolinski, on le devient et ça prend du temps.

Dernière difficulté en date: ce vendredi, Zineb El Rhazoui, l'une des collaboratrices, a notamment été mise à pied et avait reçu un courrier de la direction la convoquant pour un entretien préalable à un licenciement pour faute grave. Mais samedi, la sanction, qui l'avait choquée, aurait été levée comme l'indique RFI. Un porte-parole de Charlie Hebdo a indiqué qu'il s'agissait seulement de la «rappeler à ses obligations minimales vis-à-vis de son employeur, suite à de nombreux incidents».