Radio France: Matthieu Gallet donne dix-huit mois au Mouv' avant de prendre une décision

RADIO Si les audiences ne montent pas, la radio publique pourrait abandonner sa diffusion en FM...

20 Minutes avec AFP

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Le PDG de Radio France Mathieu Gallet le 8 avril 2015 à l'Assemblée nationale
Le PDG de Radio France Mathieu Gallet le 8 avril 2015 à l'Assemblée nationale — Stephane de Sakutin AFP

Le PDG de Radio France Mathieu Gallet a indiqué jeudi qu'il n'excluait pas de transformer la radio musicale Mouv' en radio numérique et d'abandonner sa diffusion en FM, si son audience restait faible, afin de faire des économies.

«Je n'ai pas de tabou sur cette question»

Auditionné au Sénat par la commission de la Culture, Mathieu Gallet a souligné qu'il souhaitait maintenir cette radio musicale destinée aux jeunes, mais que «Mouv' a 32 fréquences, cette diffusion en FM coûte de l'argent. Si elle ne trouve pas son public dans les 18 mois, il faudra revoir la façon dont on diffuse cette radio. Je n'ai pas de tabou sur cette question», a-t-il dit. Mouv', créée en 1997, n'a jamais trouvé son public et affiche moins de 0,5% de part d'audience.

Radio France achève de négocier son contrat d'objectifs et de moyens (COM) avec l'Etat et cherche à faire des économies, après avoir annoncé pour 2015 un budget en déficit de 21,3 millions d'euros. Le PDG a réaffirmé que, pour redresser ses comptes, Radio France devra «probablement recourir à l'emprunt, sur 6 à 7 ans».

Pourquoi recruter un conseiller en com' ?

Interrogé par ailleurs sur l'utilité de recruter un conseiller en communication (allusion à Denis Pingaud, qui conseillait déjà Mathieu Gallet à l'INA), le PDG a répondu que son groupe souffrait d'un «déficit sur la communication interne».

La commission de la Culture du Sénat avait d'abord auditionné dans la matinée les représentants des syndicats, qui ont dénoncé une série de dysfonctionnements dans le dialogue social, après la grève historique qui a perturbé les antennes de Radio France pendant 28 jours en mars et avril derniers. Ils se sont aussi inquiétés du plan de départs volontaires de plusieurs centaines de personnes prévu par la direction. La présidente de la commission, Catherine Morin-Desailly, en a conclu qu'il existait toujours un «malaise» à Radio France.

Depuis mi-avril, des négociations sont en cours entre le médiateur mis en place à l'initiative du gouvernement après la grève, la direction et les syndicats, pour fixer la feuille de route du groupe pour les cinq prochaines années.