Ce qu’ils lui reprochent

— 

Sous le choc par la déflagration du résultat du vote, la rédaction du «Monde» tentait mardi soir de trouver des raisons à un tel rejet de Jean-Marie Colombani. Principale explication, «l'usure du pouvoir, décrit un journaliste de la rédaction du «Monde». Les gens voulaient du changement. Il lui était aussi reproché une gestion solitaire du pouvoir, ainsi que la politique de groupe, qui a conduit à un endettement important.»

Aux Publications de la vie catholique (PVC, dont Télérama) qui appartient au «Monde», les journalistes ont également rejeté la candidature de Colombani, à 61,4%. «Il a fait une campagne à la Sarkozy, en nous tenant un discours de campagne qui jouait sur la peur, raconte une journaliste du magazine «Télérama», racheté il y a trois ans par Le Monde. «Le discours de campagne de Colombani, basé sur “c’est moi ou le chaos”, n’a pas fonctionné, décrypte un autre journaliste du groupe PVC. Colombani a été aussi «pénalisé par le résultat économique et financier : 146 millions de déficit cumulé sur les 6 derniers années», précise-t-il.

«On a eu l’impression d’avoir été racheté par un gouffre géant», raconte cette rédactrice du magazine culturel. Avant notre rachat, on était en bonne santé, on gagnait de l’argent et on était privilégié dans nos conditions de travail». Pour elle, l’intégration dans le groupe Le Monde a été un échec. «Pour nous, il était l’artisan de l’arnaque». «Je ne suis pas sûr que son successeur change grand chose, analyse-t-elle. Ce sera peut-être mieux géré, mais on reste dans une logique de groupe qui perd beaucoup d’argent. «Colombani est un stratège. Aujourd’hui on a besoin d’un administrateur», conclut le journaliste de PVC.