«Ce n’est pas un coup d’Etat»

Propos receuillis par Raphaëlle Baillot

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Robert Solé, ancien médiateur du Monde, et auteur d’un billet quotidien a envoyé hier un billet à toute la rédaction pour dire pourquoi il voterait non.

Comment expliquer que la rédaction boute Jean-Marie Colombani hors du «Monde»?
Sa décision peut s’expliquer par beaucoup de raisons, au premier au premier rang desquelles je mettrais le manque de clarté quant aux fonctions de Jean-Marie Colombani. Même si beaucoup de journalistes ont craint le vide que laisse son départ (il était le seul candidat à sa succession, ndlr.), la volonté que les choses soit mieux définies l’a emporté. Au fil du temps, il a cumulé les fonctions de P-DG et de directeur, ce qui a fini par brouiller notre image.

Votre billet d’hier a t-il influencé la rédaction?
Je ne suis pas le mieux placé pour le dire, mais je pense que oui . Attention, je n’étais pas le seul à être critique. La société des rédacteurs elle-même était contre la reconduction.

Alors, que faire?
Pour qu’un journal fonctionne, il faut un P-DG qui pédège, un directeur qui dirige le journal et ne fait pas des tas de business à côté, et l’autorité morale du président du conseil de surveillance. C’est aussi simple que cela.

Quelle est l’ambiance au «Monde» et comment Jean-Marie Colombani a t-il pris la nouvelle?
Tout le monde est au turbin pour sortit l’édition de demain. Par exemple, je ne sais toujours pas de quoi va parler mon billet. Ce qui est agréable, c’est que contents ou pas contents, les rédacteurs se parlent beaucoup, il a y a énormément de dialogue. Je n’ai pas vu la réaction de M. Colombani lorsqu’il a appris les résultats. Mais la vie continue. Ce n’est pas un coup d’Etat, c’est un procédure électorale normale.