Colombani rejeté par la rédaction du «Monde»

MEDIA Crise dans le quotidien du soir...

P. K. (avec L.d.C.)

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Crise au «Monde». La rédaction du quotidien s'est opposée mardi à la candidature de Jean-Marie Colombani à la présidence du directoire du groupe, lors d'un vote à bulletins secrets.

Lors du scrutin organisé dans l'après-midi, Jean-Marie Colombani, unique candidat, qui briguait un troisième mandat de six ans, a recueilli seulement 48,49% de votes favorables. 46,68% des votants se sont prononcés contre sa candidature et 3,01% ont choisi un bulletin «abstention». Pour l'emporter, Jean-Marie Colombani devait recueillir au moins 60% des suffrages.

Nouveau candidat vendredi

L’avenir du groupe est maintenant entre les mains du président du conseil de surveillance du Monde, Alain Minc. Vendredi, le conseil de surveillance se réunit pour désigner un nouveau candidat.

Mardi, Alain Minc estimait dans un entretien aux «Echos» qu'il n'existait «aucune solution alternative» à la réélection de Jean-Marie Colombani à la tête du groupe.

Il va bien falloir en trouver. Le joker pourrait être Pierre Jeantet, ancien PDG de «Sud-Ouest» et actuel directeur général.

Le personnel des Publications de la vie catholique (PVC, autre entité du groupe), qui votait simultanément, a également rejeté la candidature de Jean-Marie Colombani, à 61,4%. Le «oui» a recueilli 30,12% des voix, l'abstention 6,82% des voix.

La SRM (société des rédacteurs du Monde) exercera donc son droit de veto sur la nomination de Jean-Marie Colombani, lors du conseil de surveillance qui doit élire le nouveau président du directoire, a déclaré Jean-Michel Dumay, le président de la SRM.

Avec les deux votes négatifs de ce mardi et celui, également négatif, des journalistes du «Midi Libre» lundi, Jean-Marie Colombani ne devrait recueillir que 14 voix au conseil de surveillance, selon Jean-Michel Dumay. Pour être élu à la présidence du groupe, un candidat doit compter au moins 16 voix sur 20, dont les deux votes de la SRM.