La télé fait des tomes qui rapportent des tonnes

©2007 20 minutes

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Avec 45 000 Maître du Zodiaque écoulés à 17 € l'unité, l'adaptation papier de la saga estivale de 2006 a comblé TF1. A tel point que cette année, le livre Mystère sera tiré à 45 000 exemplaires dès le 4 juin, soit avant diffusion du feuilleton éponyme de la Une. Car la novélisation des séries, téléfilms et autres fictions télé s'est muée en filon friand.

Les éditions Fleuve Noir consacrent même un pôle éditorial entier aux séries. « 24 heures, Smallville, Alias : nous avons lancé cette spécialisation en mai 1999, à l'aune de l'immense succès des romans Buffy contre les Vampires », précise l'éditeur. Les aventures romancées de la chasseuse du campus ont en effet été vendues à deux millions d'exemplaires. Pour les douze tomes des Experts, le carton se chiffre à 220 000 ventes. Et avec les Grey's Anatomy, le Fleuve espère bien atteindre, à partir du 14 juin, les cimes best-selleresques. Facile : sur TF1, « Grey's » dépasse toujours 30 % de parts de marché.

« Il y a un lien de cause à effet entre l'audimat et les ventes », glisse-t-on chez TF1 Editions. Telfrance, qui produit « Plus belle la vie » pour France 3, le sait bien. Entre autres DVD, CD ou calendrier (le jeu de société, c'est pour septembre !), la firme a sorti vendredi le tome 5 du soap marseillais novélisé, L'In­connu du Mistral. Sous le pseudonyme très marketing de Claude Lambesc. Le prénom Claude, afin que des scénaristes féminins ou masculins puissent plancher sur les livres. Et Lambesc, histoire de sonner cigales et pastaga comme Lambesque, village provençal. « Depuis janvier, nous sommes même vendus en grandes surfaces », sourit Yvan Lopez, un des écrivains qui se cache sous le pseudo. Le formidable écho de la télé profite aussi aux bouquins oubliés. Les éditions Omnibus viennent ainsi de réimprimer Chronique des Pasquier, de Georges Duhamel, parce que France 2 en a tiré une saga en quatre épisodes (dès ce soir à 20 h 50). « Ce que nous espérons, c'est que le téléspectateur reconnaisse sur les rayons de la librairie le téléfilm qu'il vient de voir, grâce à une nouvelle jaquette en papier glacé à l'effigie du feuilleton », confie Wilfrid Delfortry, directeur du marketing de la maison d'édition. La télé sauvera-t-elle la littérature ?