Interview de Bachar al-Assad sur France 2: David Pujadas répond aux critiques

MEDIAS A la suite de l'interview télévisée très controversée, le présentateur du 20h de France 2 s'est expliqué sur Europe 1...

C.W.

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David Pujadas, sur le plateau du JT de 20h de France 2.
David Pujadas, sur le plateau du JT de 20h de France 2. — RUSSEIL Christophe/FTV

Donner la parole à Bachar al-Assad ou ne pas la lui donner? Telle est la question, depuis la diffusion de l'interview du chef d'Etat syrien par David Pujadas lundi soir sur France 2. Vivement critiqué, le journaliste a répondu à ses détracteurs au micro de Jean-Marc Morandini sur Europe 1 ce mardi matin.

Retour en images sur l'interview de la discorde

«Des intérêts contradictoires»

Si David Pujadas comprend les critiques et la colère qu'a pu susciter cet entretien télévisé, il tient avant tout à recadrer le rôle de chacun et bien délimiter diplomatie et journalisme: «Il y a forcément des réactions critiques dans la mesure où nos missions ne sont pas les mêmes. Il y a d'un côté la diplomatie française et le gouvernement français qui ont pris des positions dans ce conflit, et puis notre mission à nous qui est une mission d'informer. Et les intérêts sont contradictoires.»

«Un intérêt journalistique»

Le journaliste ne regrette en rien d'avoir donné la parole au chef de l'état syrien. «La question qui se pose, c'est de savoir si interviewer le protagoniste principal d'un conflit qui est parmi les pires depuis vingt ans, représente un intérêt journalistique, quelque chose qui permet à nos téléspectateurs de se forger une opinion», a expliqué David Pujadas. «La réponse est indéniablement oui. Evidemment cette interview a un intérêt journalistique, mais on peut comprendre que du point de vue du Quai d'Orsay, ça grince des dents!» a-t-il ajouté.

Enfin, le présentateur a avoué ne pas avoir eu peur de rencontrer le chef d'Etat, seulement d'éventuels problèmes de communication. «Je n'avais pas peur. La seule chose que je craignais un peu, c'était de ne pas être aussi à l'aise en anglais qu'on peut l'être en français. J'ai souhaité qu'on parle la même langue lui et moi, c'est plus simple pour interpeller quelqu'un.» Et de s'empresser d'ajouter: «Il n'y a pas de raison d'avoir peur, on ne va pas vous arrêter à l'issue de l'interview, il ne faut quand même pas se faire des films.»