Radio France: Le PDG Mathieu Gallet affiche assurance et fermeté devant des députés

MEDIAS Avant la présentation de son plan stratégique au CE, Mathieu Gallet a répondu aux interrogations d'une vingtaine de députés...

20 Minutes avec AFP

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Mathieu Gallet, le 8 avril 2015, à l'Assemblée nationale, à Paris. Lancer le diaporama
Mathieu Gallet, le 8 avril 2015, à l'Assemblée nationale, à Paris. — Christophe Ena/AP/SIPA

Le PDG de Radio France Mathieu Gallet a assuré mercredi devant des députés qu'il ne «lâcherait rien sur (ses) convictions» pendant les quatre années restantes de son mandat, au 21e jour de la grève qui paralyse les antennes du groupe.

Mathieu Gallet a répondu avec assurance aux questions de la Commission des affaires culturelles de l'Assemblée, qui l'a auditionné juste avant un Comité d'entreprise extraordinaire où il devait présenter un plan stratégique comprenant notamment quelque 300 suppressions d'emplois.

Mathieu Gallet, PDG de Radio France, et Patrick Bloche, Président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation, à l'Assemblée nationale, le 8 avril 2015, à Paris. - Christophe Ena/AP/SIPA

 

Devant la vingtaine de députés qui lui demandaient des comptes, il a défendu fermement ses projets, en particulier le développement du numérique, le rajeunissement des audiences et l'extension du réseau de France Bleu et martelé: «Je vais continuer sur ce projet, le défendre, le mettre en place avec les collaborateurs».

«Ce n'est pas la Cour des Comptes qui va faire la stratégie de Radio France»

«Je ne porterai pas de plan de départs contraints à Radio France, dans les orchestres ou ailleurs», a-t-il par ailleurs réaffirmé, soulignant que «ce n'est pas la Cour des Comptes», auteur de propositions choc pour redresser le groupe, «qui va faire la stratégie de Radio France».

Il se dit encouragé par une majorité de salariés

Interrogé sur la grève, la plus longue dans la radio publique depuis mai 68, il a répondu: «ma conviction est que les salariés de Radio France dans leur grande majorité sont pour» ce projet. «Je reçois des messages, notamment des gens de France Bleu, qui me disent "tenez bon", qui me renforcent dans ma conviction». «Je dois fendre l'armure pour porter cette conviction devant les salariés».

La porte ouverte à un médiateur

«Si cette grève a été utile à quelque chose, c'est à réaliser qu'il y a des problèmes dans le dialogue social. On aura peut-être besoin d'une intervention extérieure pour nous aider sur le retissage du dialogue social», a-t-il ajouté, laissant ainsi la porte ouverte à la nomination d'un médiateur. Les syndicats font de cette nomination un préalable à la levée de la grève et ont demandé à la ministre de la Culture Fleur Pellerin de jouer ce rôle.

«Je sais serrer la main et dire bonjour»

Répondant aux critiques sur ses relations avec le personnel de Radio France, Mathieu Gallet a reconnu qu'il n'était «pas quelqu'un de très expansif». «Mais il faut arrêter de penser que je suis quelqu'un de malpoli». «Je sais serrer la main et dire bonjour, y compris dans les ascenseurs», a-t-il affirmé.

Son intervention a été partiellement suivie par les salariés de Radio France réunis dans la matinée en Assemblée générale. Au moment même où il s'exprimait, l'intersyndicale a publié un communiqué intitulé «ne rien lâcher». «Il n'était pas dans un esprit d'ouverture. On a besoin d'un dialogue social et c'est pas en disant "Je ne lâcherai rien" qu'on le fait», a commenté un syndicaliste, Philippe Ballet (UNSA).

Une nouvelle AG devait se tenir dans l'après-midi, après la tenue du CCE, au cours de laquelle les salariés devaient se prononcer sur la poursuite de la grève.