Radio France: Semaine décisive pour Mathieu Gallet avec un mouvement de grève qui risque de se durcir

RADIO Alors que Radio France connaît ce lundi son dix-neuvième jour de grève, la direction doit présenter cette semaine un plan de réductions d'effectifs…

20 Minutes avec AFP

— 

Dans les locaux de Radio France, le 3 avril 2015 à Paris.
Dans les locaux de Radio France, le 3 avril 2015 à Paris. — Christophe Ena/AP/SIPA

Mardi matin, une assemblée générale doit se tenir à 10h à Radio France. Au cours de celle-ci, les syndicats et salariés devraient décider s'ils poursuivent ou non leur mouvement de grève qui en était lundi à son dix-neuvième jour  Mais la véritable échéance ce sera mercredi.

Des réductions d'effectifs d'avance rejetées par les syndicats

En effet, lors d'un Comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire, le PDG Mathieu Gallet va présenter son plan stratégique, avec plusieurs mesures d'économies qui visent à redresser les comptes plombés de Radio France, en déficit de 21,3 millions d'euros cette année.

Parmi elles, un plan de 300 à 380 départs volontaires, en priorité pour les seniors, avec 50 créations de postes dans des métiers qui jusqu'ici n'existaient pas à Radio France, a-t-on précisé de source proche du dossier. Des réductions d'effectifs d'avance rejetées par les syndicats.

La grève pourrait se poursuivre

C'est pourquoi la grève, jusqu'ici reconduite jusqu'à mardi matin, pourrait se poursuivre au moins jusqu'en fin de semaine, estimaient plusieurs syndicalistes. Le Syndicat national des journalistes (SNJ), qui a participé au mouvement uniquement vendredi, pourrait opter pour la grève dès le lendemain du CCE, selon des sources au sein de la rédaction.

Un plan de départs «sans doute nécessaire», selon Fleur Pellerin

Pour sortir de l'impasse, les syndicats réclament au gouvernement un médiateur, sans réponse pour l'instant. La ministre de la Culture Fleur Pellerin a estimé vendredi que Mathieu Gallet avait «toutes les cartes en mains» pour sortir du conflit, tout en jugeant  un plan de départs «sans doute nécessaire». Lundi matin, sur France Inter où la matinale était diffusée malgré la grève, la ministre a répété que le gouvernement avait décidé de stabiliser depuis 2012 la dotation publique de Radio France (environ 650 millions d'euros) au lieu de l'augmenter car «on peut penser une radio publique ambitieuse» mais «plus économe des deniers publics». Par ailleurs, elle a taclé les concurrents de France Inter : «Quand on écoute France Inter, on n'écoute pas RTL. Malgré tout le respect que j'ai pour RTL ou Europe 1. Il y a une mission spécifique de décryptage de l'information, d'accès à la culture. »

 

 

Une partie des syndicalistes et des salariés jugent Mathieu Gallet discrédité après les révélations sur les dépenses de rénovation de son bureau, dont il s'est publiquement excusé, et l'embauche d'un conseiller en image. Vendredi, une assemblée du personnel a voté contre lui une motion de défiance et réclamé sa démission. Mais le soir même sur iTELE, le PDG a exclu de démissionner.

Echec des négociations samedi

Pour tenter de débloquer le conflit, Fleur Pellerin a sommé vendredi Mathieu Gallet de renouer le dialogue social. Résultat: une séance de négociations organisée en urgence samedi par la direction, sans grand résultat.

Cinq syndicats ont choisi de lancer une grève illimitée depuis le 19 mars, au nom de revendications très spécifiques, dont le maintien des deux orchestres, une demande désormais soutenue par le ministère. Suivie surtout par les techniciens, elle paralyse les antennes.  Chez les grévistes, la motivation reste avant tout la défense de l'emploi, ainsi que la crainte diffuse que Mathieu Gallet et ses conseillers, qui selon eux privilégient des critères de rentabilité, menacent la vocation de service public de Radio France.